Toujours est-il que les coûts économiques, sociaux et en terme de santé de l'agriculture conventionnelle sont encore incalculables et ne seront jamais payés par les industriels qui ont profité de cette méthode. Au moins, produire en bio ne gène pas grand monde, coûte cher, demande beaucoup de présence et de travaux manuels. Par exemple l'ébourgeonnage, l'effeuillage, l'échardage, sont autant de traitements mécaniques qui permettent de réduire les chimiques. La palette de produits utilisés n'a aucune mesure avec la gamme conventionnelle et peut donc être plus facilement contrôlée. De plus le vigneron bio autorise et paye un organisme de contrôle pour vérifier sa comptabilité et la non contamination de ses vignes.

Sur le plan qualitatif, une étude parue dans le "journal of science of food and agriculture" (vol. 74, issue 3, pages 281-293) publiée en 1999 par Woese et Al. fait le point sur plus de 150 études comparatives publiées entre 1926 et 1994 sur la qualité de produits de l'agriculture conventionnelle et biologique. L'article intégral est disponible sur internet, le résumé dit ceci:

1) les expériences de sélections de nourritures, ont clairement montré que les animaux (rats, lapins, etc...) font la différence entre les différents systèmes d'agriculture et préfèrent les produits bio. (cf. toutes les publications de Plochberger et al.).

2) En ce qui concerne les pesticides autorisés en agriculture conventionnelle, de plus bas résidus sont observés, autant dans les légumes que dans les fruits issus de l'agriculture biologique.

3) les légumes de l'agriculture conventionnelle ont, de loin, des taux de nitrates plus élevés que les légumes bio.

4) Dans le cas de légumes à feuilles une plus grande matière sèche est observée en bio qu'en conventionnel.

En ce qui nous concerne, aucun de mes employés ne s'est plaint de ne plus avoir à manipuler les bidons de napalm, nos maturités phénoliques sont plus précoces et la dégustation des baies à l'époque des vendanges (cf. Don Perignon et Al.) nous montrent un fonctionnement de la machine biologique plus constant et performant que ce que j'ai pu constater sur des raisins produits en conventionnel. On peut, peut être faire la même chose en conventionnel raisonnable et modéré, mais le cadre controllé, transparent et minimaliste du bio est celui qui, pour l'instant nous convient le mieux.