Le Poulsard est-il un cépage où un personnage d’Harry Potter, Aki Narimoto 23/10/07

texte alternatifVoyage à Seattle et Portland. Avec Thomas Calder notre agent, Stéphane Tissot du Jura et Guillaume Reynouard de la Loire. Rencontre avec notre importateur pour les états du Washington et d’Oregon, Triage Wines.

A l’arrivée deux bouteilles de blanc nous attendent dans la chambre d’hôtel. Un message et le téléphone de Dieter, l’un des boss de Triage. Il m’invite à l’appeler si je désire aller dîner avec lui. C’est dimanche, Thomas et les deux autres Marx Brothers sont bloqués quelque part entre Le Mont Saint Michel et Walla Walla, à cause des grèves. Ils n’arriveront que demain.

Bistrot Italien, client de Triage. Octopus, chili and white beans. Risotto aux chanterelles. Mueller Türgau du Alto Adige. Délicieux. Dieter est un fan de cinéma européen et adore Werner Herzog. Nous finissons la soirée autour d’un Champagne rosé dont j’ai oublié le nom. Dieter invite le gérant à la dégustation de lundi.

Retour à l’hôtel. Les Marx Brothers sont toujours introuvables. Nuit de jet lag à clignoter entre un film délirant de W. Herzog justement, à propos d’un vrai faux monstre du Loch Ness en plastique et un Gus Van Sant encore plus délirant, filmant deux ados perdus dans la désert à la recherche d’une sortie n’arrivant jamais. Le tout sans dialogue sur une musique arithmétique de piano somnambule.

Tu dors ? moi pas. Je prends une douche et je descends. Après le SMS de Thomas nous nous retrouvons dans la salle de petit déjeuner du très « loyal » Loyal Inn Best Western. Le gérant permet à quelques homeless de prendre un café puis de repartir.

texte alternatifNous récupérons Guillaume qui a passé une excellente nuit à l’aéroport de Chicago et laissons Stéphane après une palpitante nuit à Houston à Barbara. Barbara est une importatrice de British Columbia qui arrivera plus tard et a flashé sur nos vins.

Le soir nous nous retrouvons chez Dieter avec les deux M.B. Stéphane et Guillaume qui commencent à se donner des baffes en se taquinant comme des gamins. Thomas et moi essayons de les pousser gentiment à parler Anglais afin que notre hôte ne se sente pas trop embarqué dans une troisième mi-temps de Rugby du XV de Saint Claude (les pipes parait-il). Dieter qui à préparé le repas, tente de nous piéger (et y réussit) à l’aveugle avec une bouteille d’un vin Mexicain de la vallée de Guadalupe.


texte alternatifAprès une deuxième nuit de clignotage. Nous nous rendons au Pravda Studio, un beau loft de Seattle pour y retrouver toute l’équipe de Triage et leurs clients. La dégustation comprend les clients de Triage dans l’état de Washington et d’autres fournisseurs, vignerons, etc… Notre table, la Marx Brothers Calder Sélection, est rapidement la plus délirante et animée de la salle. Loire, Jura, Roussillon et un fil conducteur : agriculture biologique, fraîcheur et pureté que peu d’autres tables peuvent égaler. J’essaie de corriger quelques fautes de grammaire Anglaise de Guillaume et Stéphane qui, on se demande pourquoi, ont décidé de ne s’exprimer qu’au présent. Ce qui pour raconter la vendange 2004 est effectivement sportif. Après moultes baffes supplémentaires échangées et le dos brisé par un début de mêlée de Rugby à XV à un contre un, Stéphane et Guillaume ont soif. Ouaf ouaf.

Nous allons boire une bière dans un bar/Brasserie des environs. Au grand dam de Guillaume, j’aurais bien pris un thé. Pour l’hydratation. Mais la bière est finalement très bonne. Servie sur des planches en bois ajourées. Dans de petits verres présentant chacun un échantillon de la production de la brasserie.

La soirée se poursuit dans un restau Français aux murs tapissés de premières pages du journal l’équipe pendant le dernier Mondial de football. Pour changer, Stéphane et Guillaume s’échangent encore quelques tampons avant que nous ne permutions de tables afin de faire connaissance avec les clients de Triage.

texte alternatifDon’t get arrested. En sortant (du restau) Michael, l’autre boss de Triage, nous souhaite de ne pas nous faire coffrer. Puis nous invite à goutter le Calvados au bar de l’autre coté de la rue. J’aurais bien aimé boire un thé pour l’hydr… Mais comme ça commence à énerver Stéphane et Guillaume, je commande une eau gazeuse comme Thomas.

Ace Hôtel Portland. Un sommet de la contre culture. Chambres à la décoration individualisée. Epurées. Italian cotton sheets, vintage furnishings, turntables, high speed internet, free Mac laptop access, photo booth, Stumptown coffee roasters. Vélos hollandais. Des bouquins partout. Déco années soixante. Revues alternatives. Portland me rappelle Nantes. Petits blocs. Ambiance relax. Loin de Bush et des limos . Ici c’est plutôt, Toyota Prius et nourriture biologique. Un paradis pour les vignerons natures que nous sommes.

texte alternatifLa prochaine dégustation est prévue au Secret Society Ballroom. Cette fois nous pratiquons la technique dite du rabattage. Placé à l’extérieur de la table de dégustation, j’invite les clients de Triage à venir déguster les vins de la Marx Brother Calder Sélection. Les plus fameux vins bio du triangle Jura-Loire-Roussillon. Une fraîcheur à scotcher un mammouth. Une longueur digne du Mahabharata. Un rapport qualité prix en acier trempé. Derrière la table, Thomas présente le reste de sa sélection, Stéphane et Guillaume dans leur Anglais le plus fou affolent les clients. Je termine par une dégustation de nos Roussillons digne de la Santa Espina, sur fond de Canigou, d’odeurs de thym et de Roubaillous (lactaires délicieux) mouillés.

Les clients de Triage sont très agréables, éduqués, relax, à l’écoute, comme la ville de Portland. J’en vois beaucoup, raffinement suprême, avec un petit gobelet en guise de crachoir. A la place des immondes auges habituelles. C’est l’habitude que nous avons avec Lèia quand nous dégustons nos vins à la cave. Un brin de saudade me serre la poitrine et nous repartons.

texte alternatifSimpatica, restaurant underground, presque invisible de l’extérieur. Nous y retrouvons des clients, des particuliers et le délicieux Joshua de Triage qui organise la soirée. Le talentueux chef, Scott Ketterman, nous a réalisé un superbe repas combinant parfaitemment avec nos vins : Apéritif, Champagne Lassaigne, les vignes de Montgueux Noix de Saint Jacques avec salade de pommes, d’amandes et d’endives, Champagne De Sousa Cailles fumées au bois de cerisier, chanterelles et pousses de cèleri, Manoir de la tête Saumur rouge, Bagatelle 2005, Tête de lard 2004, présentés par Guillaume. Daube provençale, heirloom carrots and fingerling potatoes, Clot de l’Oum, La Compagnie des Papillons 2004 et Saint Bart Vieilles Vignes 2005. Gâteau de chocolat aux noisettes et vanilla ice cream.

Au dernier étage d’un petit immeuble, dans un bar surplombant la ville, nous retrouvons le reste de l’équipe et Stéphane qui était dans un autre restaurant. Joshua nous invite à boire un dernier pétillant de l’état de Washington. Anesthésiés par le jet lag, fourbus, heureux, vannés, Stéphane et Guillaume arrivent encore à s’envoyer quelques torchons. Au ralenti cette fois. Dans une ultime tentative pour ne pas s’écrouler, Thomas et Michael, debout, au rythme d’un mot tous les quart d’heures, poursuive leur éternelle conversation. La nuit est douce sur Portland. Made in Portland, signale au loin une enseigne au néon colorée. La Columbia river glisse doucement vers l’océan tout proche. Demain nous rentrons chez nous.

texte alternatifJe voudrais remercier la formidable équipe de Triage : Dieter, Michael, Witney, Josh, Jenna, Kris, Noa, Raffer et tous ceux que nous n’avons pas connu, pour leur accueil, leur hospitalité, leur organisation, leur professionnalisme, leurs manières cultivées, relax et chaleureuses. Et aussi leurs performances dans la vente de nos vins. Thomas pour avoir ficelé le tout « sans se la péter » avec efficacité et professionnalisme. Guillaume et Stéphane pour avoir supporté mes demandes de thé et mes corrections en Anglais.