texte alternatifMise en bouteille des 2006,

Cela semble commencer un matin. Un beau matin de février. En réalité tout a commencé peu après la récolte 2005, aux premiers coups de sécateurs de la taille des futurs 2006. Et finalement c’est l’enfance de ces 2006 qui se termine aujourd’hui. 22 Février 2008, jour de mon anniversaire. Faut-il y voir un signe particulier ? Je n’en sais rien, depuis le départ du Buena Vista Social Club (vous vous souvenez, les papis de millésime-bio ?), les signes n’ont plus la même saveur. Qui sait si leurs fantômes ne hantent pas encore le palais des expositions de Perpignan ? Repartis bille en tête vers des histoires de plus en plus ésotériques.

texte alternatifToujours est-il que Didier vient de débarquer avec ses machines genre « Transformers ». Je sais, c’est un film extrêmement mauvais mais je ne vois pas d’autres images pour qualifier les insectes de métal géants qui balayent frénétiquement le mur de lumière solaire qui inonde maintenant la cave assoupie.

Les machines se mettent en place. La rinceuse toujours aussi palmée. La pauvre est née sans roue. Sans l’aide du chariot élévateur, toujours aussi serviable, elle ne pourrait même pas descendre de sa remorque. L’eau bouillante rince un peu tout. Ça fume. On goûte le blanc. Didier affine ses réglages. Tout le monde est en place. On enfile les gants. Un dernier coup de chiffon sur la tablette de réception des bouteilles finales. Lèia répète qu’elle n’acceptera aucune marque de doigts sur les bouteilles et qu’au début un coup de tissus papier avant fermeture des caisses, ne peut pas faire de mal. Au garde à vous, je me demande si les machines ne vont pas se saisir de ma femme pour l’entraîner dans un maquis. Silencio. Quelques hoquets de métal et d’air comprimé, des bruits de frottements, de verre sur métal, verre contre verre, air contre liège, étain conte liège, verre et métal. C’est parti.

texte alternatifNous sommes partis pour 12500 bouteilles, cinq cuvées différentes et 12 bonnes heures de Samba Reggæ tendance Olodum de Salvador. Après, le vin en aura fini de ses années d’enfances. Il pourra partir vivre sa vie de vin en bouteille sans nous. De Portland à Tokyo en passant par Londres et Chicago. Une vraie vie de bon vin. Bien sur de temps en temps il faudra se déplacer pour expliquer. Raconter comment de bons raisins cultivés biologiquement sur les hautes pentes de granit de Belesta ont donné ce jus si frais si minéral. Comment il a fallut lire le millésime 2006 pour en arriver là. Et puis finalement comment après 15 mois de boulot en barriques usagées il a bien fallut s’en séparer. Et aujourd’hui, il est là, bien droit, dans son nouveau costume vert tout neuf, tout fier, tout propre. texte alternatif On sait qu’il ira loin. On a confiance en lui.

Nous abaissons l’interrupteur général. Nous entendons encore le bruit des machines qui s’éloignent dans la nuit. La rinceuse a encore faillit se casser une patte au chargement. L’air est frais, limpide et fluide. Comme ces vins de 2006. Nous le respirons goulûment une dernière fois. Heureux, vannés, confiants. Nous rentrons chez nous.

NB : Une cuvée que nous n’avions plus faites depuis longtemps, Numero Uno 2006 pour la première fois en dessous de 13° alc./vol., 12°8 réels. Et une nouvelle cuvée : Clot de l’Oum Blanc 2006, en gros, grenache gris et carignans gris. Que l’on peut se procurer, tant qu’il y en a (et il y en a peu), ICI