clot de l'oum


UN SOIR PETIT GRAIN D'OR, UN SOIR DE PLEINE LUNE ET DE GRAND VENT...

Dans les Albères

texte alternatif Chapelle Sant Llorenç del Mont (mai 2012).






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C’est aussi de nos racines que surgissent les clés des vins à venir. Comme le scintillement d’une bulle de rosée. L’inspiration née d’un coup. Parfois d'un rien. Une balade. Une chapelle du XIIe. Une grille close. Une main d'enfant. Les clés sont multiples et rares. Secrètes et invisibles surtout. Saint Laurent du Mont, chapelle (mai 2012) texte alternatif















CINE PANETTONE

texte alternatifAutant le dire tout de suite ce n’est pas un vin qui ressemble à grand-chose de connu. Grenache gris, Carignan gris, Macabeu, etc. Un PH de (bons) champagnes. Une minéralité de Granit. Un nom de western spaghetti.



Autant le dire tout de suite ils ne sont pas très nombreux ceux qui ont cru dans ce vin, l’ont compris, aimé et défendu.

texte alternatifAlors ce soir devant un verre de CINE PANETTONE, de nos vins celui que je préfère. Ce vin qui provoque la gaieté, le souvenir, la nostalgie et l’espoir (de s’en resservir).




Je pense à eux.



texte alternatifJean François de Bruxelles (Basin-Marot), Gary de Berkeley (Jolivin), Emmanuel de Quimper (Planetevin), Yannick de Paris et sa cave perso., les restaurateurs du Roussillon et d’ailleurs, Edwin de La Haye (Coenecoop), Barbara de Vancouver (Thatslifegourmet) , Stefan de Toronto (Dacapowines), Tommy de Suède (Franskakvaliteitsviner), David Schildknecht (Wineadvocate), Pierre Guigui (GaultMillau), mes amis du wine club de l’OEB, tous ceux qui aiment ou ont aimé ce vin et dont le nom m’échappe à cet instant.









texte alternatifIl y a dans ce vin blanc une histoire qui me fascine. Jus de fruits pressés. Roches qui affleurent. Terres feuilletées. Sels minéraux. Acidité à décalquer un mamouth. Vignes vieilles. Serrées. Gorgées de sève et de vie. Froideur et grains d’or de notre belle combe du Bertell.

Bélesta 17.11.2011

Un matin

Un matin.
Un jardin.
Une goutte.
On s'approche.
Capucine.
Plus près.
Plus proche.


Une vie.
Une roche.
On s'accroche.
Plus loin le thym.


Comme tu es joli.
Broccoli.
Toi aussi.
On repart.
Sans retard.
La nuit s'éloigne.


Du jardin.
Ce matin.
Pour une goutte de pluie

DU PLAISIR DE FAIRE DU VIN

Du plaisir de faire du vin 15/12/2010

C’est un appel qui me remémore cette dégustation à Bélesta. On a passé un moment super avec vous me dit la personne. Les mots simples qui nous parlent. La compréhension de notre travail. L’échange, un moment magique de communication non formulée.

L

C’est la joie de recevoir chez soi. De refaire la vendange. Redéguster ces baies. Le jour qu’il fallait cueillir. Une histoire. Tranches de vie, de bonheur. Le plaisir de faire quelque chose ensemble. De communier. Saudades. Combien de lunes de jours de nuits pour faire ce vin. Ce breuvage, acide, profond, complexe. Joie, de vivre ces instants.

R

C’est un couple qui pénètre dans notre monde. Notre cuisine notre vie. Échanges. Longueur d’onde identique. Émotion. Parcelle de granit, de grenache. Des mots qui râpent des tanins qui grattent une histoire en devenir. Un vin. Une vie.

C’est un assemblage juste. Une nouvelle cuvée. Le Clot, Carignan Novo. Une nouvelle vie. Personnalité. Un bout de chemin. Un instant de garrigues. Une poussière de granit que nous portons ensemble. Profondément. Une étoile vivante. Tranquille, souveraine. Qui luit. Qui nous guide nous montre la voie. Loin des querelles partisanes des discussions futiles. Émotions.

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C’est une étiquette, du vert du noir. Papier Japonais. Des noms qui nous rappellent notre vie, nos amis. Des rencontres autour d’un verre. Expliquer le pourquoi du vin. Pour cela Lèia est bonne. Super. Les enfants qui s’en foutent. Félizes. Qui courent, rêvent, vivent. Compagnie des Papillons. Compagnie des émotions. Rayons d’intuitions justes.

C’est untel qui a entendu parler. Qui ne sait pas. Ne veut pas déranger. N’ose pas. La dégustation qui provoque la parole. Musique étrange, mystérieuse, intimiste. Quelques gouttes d’un breuvage éternel. Une langue ancienne qui se délie. Réunion d’expériences. Une culture traditionnelle. Belle. Qui nous porte, nous rend meilleurs.

C’est une musique, une bossa nova. Un carignan novo. Un soir de fin de vendange. Une paella comme à Murcia. Un savoir oublié mais jamais disparu. Des pierres qui parlent. Une terre pauvre mais riche d’émotions. Une mémoire enfouie mais éternelle. Ecouter la nature. La maturité du fruit. L’instant d’énergie maximale. L’équilibre. Comme un fruit oublié qui traverse divers stade de sa vie. Le cueillir avant qu’il ne soit mort. Imprimer son âme son message dans ce jus. Avant qu’il ne succombe, qu’on ne l’oublie.

L

C’est le touriste tombé ici par erreur. Venu pour un cubi. Qui écoute. S’étonne. S’éveille. Finalement dépense dix fois ce qu’il avait prévu. C’est une responsabilité d’être à la hauteur des attentes des espérances d’une qualité. Une notoriété. Naissante mais que l’on ne peut trahir.

Ce sont les pluies de Mars. Obscurité. Jour qui tire vers le noir. Une lueur dans la cave. Lumières indirectes. Suggestion. Eaux qui n’en peuvent plus d’inonder. Des ombres qui s’approchent. Cognent à la porte. Abris. Lieu de partage. Bonjour. Voyages dans nos parcelles, dans nos envies notre cœur. Une expérience un instant de bonheur. Recordations. Le rubis du vin qui scintille. Des regards qui s’animent s’éclairent. Le pourquoi du comment. Retour sur nos choix. Nos interrogations.

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Ce sont nos amis. Nouveaux, anciens, de passage. Nous connaissent ils mieux ? sont ils « in the mood for wine » ? Prêts pour cette expérience ? Aquelles ojos verdes ? Cette terre, minérale, acide. Toute de finesse et de mystères. De générations d’hommes rudes. Peu causants. Caillasses indigènes et natures. Granits dans le gosier qui vous racontent ce que fut leur histoire. Des chariots tirés par des chevaux qui menaient à la vendange. Des pluies diluviennes de septembre qui rendaient la cueillette impossible. Des récoltes faramineuses aux vignes grêlées à mort. Années de disette de ceintures serrées. Fêtes de fin des vendanges aussi, inoubliables festives, belles, éternelles.

C’est un sourire, une silhouette harmonieuse svelte dans le contre jour finissant. La promesse d’une dégustation sympa. D’échange, simplement.

Ce sont les histoires que l’on répète sans se lasser. Le bonheur de nos vignes cultivées en bio. Insectes, sols vivants. Fierté de produire des vins sans aucun poison. Peu de moyens, beaucoup d’intuition. Oublier le rationnel parfois. Garder un peu de raisonnement, toujours. Goûter sans se lasser.

texte alternatif C’est le bonheur de voir ce pays qui m’a vu naitre. Sans chauvinisme sans fierté. Juste le bonheur de voir cette lumière, cette clarté, cette nature qui donne l’inspiration, l’envie d’aller plus loin de se dépasser. Rendre visible l’invisible. Retrouver un peu de ses racines. Cet accent, mon accent qui peu à peu s’estompe. Que mes enfants parfois imitent. Me font rire. Me donnent envie d’en rire. Cette montagne comme une dent canine. Présente, sage, rassurante et impressionnante. Qui capte les dernières lueurs de ce jour. Ombres étales. Contraste magique, golden light. Neiges lointaines. Promesses d’abondance d’eaux propices. De fruits cueillis à point. Juste ce qu’il faut pour donner envie de les boire. De les voir se transformer, se modeler, se pâmer. Remplir ce verre de larmes. Larmes de joie d’un jour nouveau. Au matin des promesses d’un vin que nous avons rêvé et surtout fait comme nous l’avions rêvé.

Saudades de 2008

Juin 2009

texte alternatifEn cette fin de printemps 2009 me reviennent à la mémoire les sensations, la lumière, le goût, la volupté, le rythme, la poésie, le son, l’énergie des belles vendanges de 2008.

Des premières baies dégustées à la fin du mois d’août aux derniers entonnages d’octobre. Des senteurs de garrigues et de feuillages frais. Matinées presque froides. Lumières nettes, définition, contraste des formes. L’équilibre des vignes, un feuillage inégalé. Le craquant des fruits, leur poids. La pierre sèche de gneiss, pesante et abrasive. Cristal aride et anguleux. Terre craquelée si riche pour la vigne bien que si maigre et acide.

Une équipe formidable, jeune, active et cool. Riche de vie et d’humour. Nous déjeunons sous le grand auvent de la cave. Tout ce qui se goûte dans la cave est sur la table. D’autres temps, d’autres vendanges. D’autres mains qui ont cueilli ces raisins. Où sont-ils, qui sont-ils ? Les vendanges sont maintenant terminées. Le vent soulève quelques mèches. Promesse du repos à venir. Une route encore vierge à tracer. Sourires épanouis et francs.

Amapola, cette musique résonne dans ma tête comme une rengaine lancinante. Musique qui a marqué ces jours de septembre et d’octobre. Musique du film de Sergio Leone que j’adore, « Il était une fois l’Amérique ».

texte alternatifBrumes cristallines du matin. Les raisins de la parcelle de la Bades luisent de ce brillant unique que l’on ne retrouve qu’aux vendanges. Noirs d’un graphite brillant, ponctuant le feuillage d’un vert presque insolent dans cette garrigue Catalane aride et Granitique. L’équipe avance en silence. Les bruissements de la nature nous signalent qu’autour de nous un monde parallèle actif et mystérieux ne connaît pas de répit. Les sangliers repus malgré nos doubles barrières électriques ont dû s’endormir à l’ombre d’un figuier dodu. Je les envie presque malgré les dégâts qu’ils nous causent. Imaginez un peu, des raisins bios, murs à point, sans piquants ni résine, un nectar délicieux et gratuit à portée de groin. Le jeu vaut bien une petite décharge de 2000 volts.

Le couple de perdrix conduisant comme des dératés, se débrouille toujours pour me filer une peur bleue au détour d’un fourré. Coccinelles et perces oreilles qui s’ils ne s’avisent pas déguerpir avant que les grappes ne les entrainent dans un autre univers risquent bien de se retrouver à des années lumières de leur lieu de naissance. Comme une prière au cœur du feuillage d’une syrah en forme de cathédrale, une mante religieuse finit de dévorer son infortuné mari. Vrombissant de colère pour avoir soulevé par erreur sa pierre plate de maison, un scorpion blanc me menace de son dard arcbouté.

texte alternatifQuelques semaines plus tard, plus haut, plus loin, c’est aussi de la brume que je vois émerger les ruines de la chapelle de Saint Barthélémy. C’est ici que le village originel de Belesta a parait-il débuté il y a 8 ou 900 ans. Y avait-il déjà une vigne en ce lieu ? Pas sur. Des céréales, des animaux domestiques, d’autres moins. Les vendangeurs s’affairent en bas de la parcelle. Nous finissons de monter une palette de cagettes. L’édifice terminé je m’assoie sur une pierre plate. Les ancêtres sont ils aussi assis là bas au pied de la chapelle à commenter nos méthodes ? Quelle langue parlent-ils ? Ces générations de travailleurs, agriculteurs, viticulteurs qui se sont succédé sur ces lieux. Ces histoires stratifiées. Qu’en reste t-il ? Comment voient-ils notre passage notre temps ?

texte alternatifCette période où jamais n’ont été réunis autant de facteurs concordants pour que naissent enfin les grands vins secs du Roussillon. Car n’en déplaise à certain, à la lumière des progrès fait depuis 10ans dans ces collines du Fenouillèdes, ces vins sont déjà là. Parce que la progression est fulgurante. En devenir dans les têtes et dans les cœurs des vignerons de la nouvelle vague. Pourtant cette révolution n’est pas très glamour. Peut être parce qu’elle est plus le fruit de la passion et de l’intelligence qu’un bac à sable pour célébrités fortunées. Définitivement, être vigneron en Roussillon est une affaire de passion.

Je me souviens de ces journées de septembre 2008. La lente fermentation des vins. Les interrogations sur le millésime. L’évolution lente de la maturité phénolique. Des acidités à scotcher un mammouth. La couleur, noir rubis des Syrahs, rubis noir des Carignans et rubis tout court des Grenaches. Tanné par le soleil. Heureux de cette énergie terrestre transmise par le raisin. Lumières de la côte. Ondulantes, fragiles et riches des promesses d’une nuit d’été, d’un vin en devenir, d’une histoire moderne et ancienne à la fois. Puisant sa force dans les racines profondes de vignes centenaires. Racines enfin libérées d’une chimie asphyxiante, aliénante, mercantile et surtout inutile dans la plupart des cas.

texte alternatifLa mélodie d’Amapola résonne encore dans mes souvenirs. Dans la nuit qui commence à tomber le peuple de la forêt m’observe sans doute de ses yeux de grains de muscats pailletés d’or. Les sangliers et leurs rêves de ripailles perpétuelles que vient troubler de temps en temps le cuisant souvenir d’une décharge électrique. La Mante qui se demande bien qui sera son prochain mari à la carte du menu de la fête qui s’annonce. Le couple de Perdrix flashé à chaque sortie de bosquet et parti dans un délire de dérapages incontrôlés, de plats de muesli doré, inconscient, libre et infiniment fou.

NB: Et toujours, valable jusqu'au 15/08/09, notre offre Primeurs du Millésime 2008

Un jour de septembre au Clot de l'Oum

Un jour de septembre au Clot de l’Oum.

texte alternatifLe jour se lève à peine. Il fait 12°, deux de moins qu’à Perpignan. Nous sommes en altitude. Charles et les frères 4L _ils sont pas frères mais s’appellent tous deux José et possèdent chacun une 4L fourgonnette beige et bleu d’avant le phylloxéra_ ont pris les choses en main. Charles comme à son habitude est d’une humeur exécrable _Il à très bon cœur, mais en vendanges il stresse et le matin c’est pas son truc_

Quelques nappes de brumes lézardent encore dans les parcelles. Un couple de perdrix manque de déjanter dans une sortie de virage en épingle. L’air est frais. Le silence apaisant. Les grappes sont glacées, noires bleutées. La racine de la tige est déjà marron. Le pinceau de pulpe que laisse le grain qu’on arrache est parsemé de fils noirs et droits comme des fibres de carbone. La peau forme une purée fine quand on la mâche. Le pépin vire de l’orange au marron et craque sous la dent comme un grain de cacao bien mûr. La pulpe est fraiche, fluide et fine. Le fruit est à l’apogée de sa dynamique.

Charles prend ses airs de matamores et foudroient quiconque à la mauvaise idée de cueillir une grappe abimée. En réalité ses airs de méchant ex talonneur du XV de la Palme ne font plus trembler grand monde mais ça reste quand même une bonne entrée en matière pour la suite.

texte alternatifCar la suite se profile déjà à l’horizon proche de la parcelle. C’est le moment que choisie « Dona Lua » pour intervenir. Là ça commence à devenir plus sérieux. Directe et précise, les petits arrangements entre amis que tolérait encore Charles, ne marchent plus. On passe de la grappe au grain, de la vue d’ensemble au détail. Le temps des arrangements est bel et bien épuisé, fini, over, terminado, kaput.

Nous raccompagnons les deux premières palettes de cagettes à la cave. Le raisin est propre, sain, la table de tri ne se justifie pas. Cagettes après cagettes l’égrappage commence. La peau est fine, le jus s’écoule déjà suffisamment par la plaie de rafle. Je ne vois pas la nécessité de fouler. Dona Lua est d’un autre avis. Certains grains d’une partie moins précoce de la parcelle sont plus fermes et cette année le jus est rare. Elle voudrait en fouler une vingtaine cagettes. On coupe la poire en deux à dix. La benne basculante se remplie. Noirs, mouillés, comme des perles sombrent sorties de leur eau protectrice, les grains scintillent dans la lumière rasante.

Je viens de sauver une coccinelle de la noyade. Un couple de perces oreilles appelle à l’aide. Le tamis les emporte vers le poste de secours. Broussaille inextricable qui telle une cathédrale, les accueille glapissant de bonheur. L’élévateur emporte la benne qui bascule dans le vide. La chute des grains résonne en moi comme une promesse de plaisirs. La cuve se remplie. Dés qu’ils sont accessibles, Lèia écrase doucement quelques grains, un touché délicieux et sensuel qui s’il n’est pas d’un effet décisif sur le vin final, lui permet de s’imprégner au plus prés de la nature du fruit de cette année.

texte alternatifToutes ces informations sont précieuses. Ce sont elles qui nous fourniront les clés de lecture du millésime. Sans ces clés, pas de décisions avisées, pas d’adéquation avec les caractéristiques de ce raisin cueilli aujourd’hui à Belesta, Roussillon, Fenouillèdes, ce jour de septembre 2008.

La journée avance, Charles commence à être plus relax. Les cuves se remplissent et l’heure du casse croute approche. Nous en profitons pour déguster certaines cuves en fin de fermentation. Cette dégustation sur le repas, parce qu’elle correspond à un moment de détente et qu’elle met en perspective les sensations de dégustations grâce à l’accord mets vin, nous fournie des informations supplémentaires précieuses sur la conduite des fermentations.

La journée avance, les frères 4L et Charles viennent nous appuyer pour le grand nettoyage. Cagettes, égrappoir, bords des cuves, benne basculante, élévateur, sols, sont lavés et désinfectés. Qui se prendra le jet d’eau dans le dos ? lorsque la connexion réputée 100% sure, lâchera. Les frères 4L, Dona Lua, Charles ? Non c’est moi. Mouillés, vannés, cassés, nous remplissons les dernières fiches de suivi. Un dernier coup de râteau sur le sol, nous remercions tous le monde. La lumière s’éteint.

texte alternatifDans l’air fraichissant, nous nous asseyons un moment, les pieds suspendus au bord de la plateforme. Une nappe de brume bleutée, recouvre déjà la plaine du Roussillon d’où s’élève, pâle et droite, la fumée de quelques feux. Le vent s’est calmé. A l’ouest la masse rassurante du Canigou nous fascine toujours autant. Le sommet ourlé d’orange savoure ses derniers rayons de soleil visibles. A l’est, sombre flaque de carbone liquide, la mer s’endort.