A force d’être seul à écrire pour le Clot de l’Oum, on pourrait croire que faire du vin est une activité solitaire. Qu’il serait possible, bien peinard dans sa cave, de tout gérer, contrôler, mettre en boite et hop. Et bien non. Entre les travaux de la vigne, les vendanges, la vinification, l’élevage, la vente, l’administration, la communication, il faut une équipe et même plusieurs. Cet organigramme sur le papier pourrait laisser penser que chaque élément de manière autonome s’articule librement dans son carré et pourrait se la couler douce tout seul dans son coin, sans autre contrainte que son éthique personnelle. Ce serait vrai s’il n’y avait :

texte alternatifLa Mamma. (non ce n’est pas ma Mère, c’est ma femme)

C’est d’elle que je voudrais parler aujourd’hui.

Elle s’appelle Lèia. On la surnomme Dona Lua (madame lune) ou Pulga (puce). Père Japonais, Mère Brésilienne. Baixinha (pas trop grande), calorosissima (très chaleureuse), perfectionniste et surtout d’une force morale en acier trempé.

C’est ensemble que nous avons fait notre premier vin. Faut dire que nous aimions et aimons encore cuisiner ensemble. Des produits bio de préférence. Ce n’est pas la seule chose que nous aimons faire ensemble mais celle là, nous a vraiment été très utile pour faire du vin. Ensuite c’est elle qui est notre ange es qualité. Qui se mue parfois en démon quand elle n’est pas satisfaite de nos prestations. Le haut de cuve dont on a oublié le nettoyage pendant les cuvaisons. Le tri approximatif à la vigne et la décision de retrier le tout sur table. Les bouchons de barriques non nettoyés après l’ouillage c’est encore elle qui nous le rappelle. Le mégot oublié par José devant la porte de la cave idem. Cela peut paraître des détails, mais tout compte. Et un relâchement est un relâchement qui, à un moment plus crucial peut être essentiel.

Il y a aussi les circonstances où l’intelligence analytique doit s’associer à l’intelligence sensitive. Les dégustations de raisins au moment des vendanges. Les décisions de travaux sur cuves en fonction des dégustations. Les pressurages. Les durées de cuvaison. Papa réparerait la bagnole pendant que maman ferrait la cuisine. En fait pas du tout, on parle, on se dispute, on argumente, on fait preuve de mauvaise foi, parfois de bonne foi aussi, on part, on revient, on regoûte, on re regoûte, on dit plus rien, on est d’accord. On décide ensemble.

texte alternatifEn fait c’est un peu dur à dire mais je crois que ce c’est ce que je voulais transmettre en commençant ce billet : Sans elle je n’aurais certainement pas commencé ce projet. Je voudrais lui dire merci, ici. Pour sa patience, son impatience aussi. Pour son exigence, qui parfois nous tue. Pour l’inspiration qu’elle m’a donnée. Sa confiance et son amour pour m’avoir suivi dans cette expérience.

Bon c’est pas tout. C’est que j’ai pas que ça à faire moi. Une autre fois c’est promis je parlerai des autres Marx Brothers, Charles, José, la Compagnie des Papillons et mon Père (der Pate III). En attendant, un bisou aux hamsters, et au lit.