clot de l'oum


UN SOIR PETIT GRAIN D'OR, UN SOIR DE PLEINE LUNE ET DE GRAND VENT...

CINE PANETTONE

texte alternatifAutant le dire tout de suite ce n’est pas un vin qui ressemble à grand-chose de connu. Grenache gris, Carignan gris, Macabeu, etc. Un PH de (bons) champagnes. Une minéralité de Granit. Un nom de western spaghetti.



Autant le dire tout de suite ils ne sont pas très nombreux ceux qui ont cru dans ce vin, l’ont compris, aimé et défendu.

texte alternatifAlors ce soir devant un verre de CINE PANETTONE, de nos vins celui que je préfère. Ce vin qui provoque la gaieté, le souvenir, la nostalgie et l’espoir (de s’en resservir).




Je pense à eux.



texte alternatifJean François de Bruxelles (Basin-Marot), Gary de Berkeley (Jolivin), Emmanuel de Quimper (Planetevin), Yannick de Paris et sa cave perso., les restaurateurs du Roussillon et d’ailleurs, Edwin de La Haye (Coenecoop), Barbara de Vancouver (Thatslifegourmet) , Stefan de Toronto (Dacapowines), Tommy de Suède (Franskakvaliteitsviner), David Schildknecht (Wineadvocate), Pierre Guigui (GaultMillau), mes amis du wine club de l’OEB, tous ceux qui aiment ou ont aimé ce vin et dont le nom m’échappe à cet instant.









texte alternatifIl y a dans ce vin blanc une histoire qui me fascine. Jus de fruits pressés. Roches qui affleurent. Terres feuilletées. Sels minéraux. Acidité à décalquer un mamouth. Vignes vieilles. Serrées. Gorgées de sève et de vie. Froideur et grains d’or de notre belle combe du Bertell.

Bélesta 17.11.2011

Un matin

Un matin.
Un jardin.
Une goutte.
On s'approche.
Capucine.
Plus près.
Plus proche.


Une vie.
Une roche.
On s'accroche.
Plus loin le thym.


Comme tu es joli.
Broccoli.
Toi aussi.
On repart.
Sans retard.
La nuit s'éloigne.


Du jardin.
Ce matin.
Pour une goutte de pluie

Carignan, le retour...

La revue Belge In Vino Veritas vient de publier un article de Michel Smith sur le Carignan IcI

texte alternatifLongtemps dénigré comme étant la cause des problèmes qualitatifs des vins du sud. Le Carignan reprend petit à petit la place qu’il n’aurait jamais dû quitter. Celle d’un cépage ultra adapté au climat méditerranéen, complexe à vinifier dans le cadre d’un objectif de production de vins de qualité et surtout incomparable lorsqu’il est issu de vignes de plus de cinquante ans cultivées en bio et en coteaux.

Il y a quelques temps au cours d’un repas entre vignerons, une bouteille d’un Carignan 1999 de Silvain Fada du domaine d’Aupilhac (un pionnier en matière de Carignan bio), à envoyé valdinguer, en terme d’émotion (et du reste aussi), une brochette de 100 points chez Parker pourtant dix fois plus chers et renommés.

Pendant longtemps au Clot de l’Oum, le Carignan a apporté à nos vins la minéralité qui manquait dans nos vignes pas encore complètement désintoxiquées des pesticides du siècle dernier. Dix ans de culture bio nous ont permis de mieux révéler la minéralité dans tous nos cépages. C’est aujourd’hui la marque de fabrique de nos vins.

Logiquement cette évolution nous a emmené à produire notre premier vin majoritairement de Carignan en 2007 avec la cuvée Granito Vivo. Ce vin est aujourd’hui une immense source d’émotion et j’en conseille vivement la dégustation d’une bouteille sachant qu’il présente tous les symptômes d’un vin pouvant se bonifier considérablement en vieillissant.

Notre deuxième essai remonte à l’été dernier avec la cuvée Carignan Novo, une variation moins exclusive du Carignan avec une volonté de plaisir plus immédiat (voir l'article de Michel Smith sur son blog IcI.

Pour le reste la végétation a pris cette année une avance d’au moins une semaine avec des précipitations importantes qui devraient nous permettre (si l'herbe ne nous bouffe pas) d’atteindre les vendanges sans encombre.

En attendant notre offre primeurs du millésime 2010 est toujours disponible IcI.

Offre de vente en Primeurs du Millésime 2010, réservée aux particuliers

« 10 ans de millésimes supersoniques »



texte alternatifA force d’entendre à longueur de millésimes les superlatifs utilisés pour qualifier les vendanges en cours ou même à venir, on finit par se demander si les mauvais millésimes existent en Roussillon ? 2010 fut notre dixième et en dix ans nous n’avons finalement connu aucun millésime catastrophique. L’excès de superlatifs finit donc par altérer la crédibilité des annonces et leur sobriété reste peut être la garantie de millésimes réguliers et (vraiment) qualitatifs.

La stabilité du climat Méditerranéen, sa sécheresse, son ensoleillement, sa répartition des pluies, son vent frais du nord ouest, contiennent déjà tous les prémices de millésimes d’une qualité moyenne excellente. C’est en tous cas ce que nous avons pu constater au cours de ces dix années écoulées.

Certes comme partout chaque nouveau millésime est unique par son goût. Et les catastrophes peuvent toujours se produire. Comme en 2005 où vraisemblablement une utilisation trop réduite de souffre ajouté nous a conduit à la perte de notre cuvée Uno. Mais en moyenne elles sont d’origine humaine et la lecture du millésime (par son caractère unique) reste la clef d’un millésime réussi et surtout l’élément essentiel de l’art de faire du vin.

Ce millésime n’a pas dérogé à la règle avec 110 mm d’eau en mars, 93 en mai, un ensoleillement abondant, au-delà de 300 heures en juillet et août, des températures normales pour le midi, sauf deux jours/nuits extrêmes à la fin du mois d’août. Au final un bel équilibre, peu d’alcool, une couleur rubis et un fruit de piste aux étoiles.

Au-delà du ridicule qui consiste à longueur d’années à annoncer (même à l’avance) des millésimes plus grandioses les uns que les autres, force est de constater que contrairement aux rumeurs les plus folles sur le bio, rien ne nous a empêché en dix ans de produire des vins exempts de résidus de (nos) pesticides de synthèse et d’un niveau de qualité que votre fidélité nous confirme encore aujourd’hui.

Eric & Lèia 10/04/2011

Pour obtenir le formulaire complet incluant la tarification, merci de nous contacter par courriel à: emonne@web.de Offre valable jusqu'au 31/07/2011

DU PLAISIR DE FAIRE DU VIN

Du plaisir de faire du vin 15/12/2010

C’est un appel qui me remémore cette dégustation à Bélesta. On a passé un moment super avec vous me dit la personne. Les mots simples qui nous parlent. La compréhension de notre travail. L’échange, un moment magique de communication non formulée.

L

C’est la joie de recevoir chez soi. De refaire la vendange. Redéguster ces baies. Le jour qu’il fallait cueillir. Une histoire. Tranches de vie, de bonheur. Le plaisir de faire quelque chose ensemble. De communier. Saudades. Combien de lunes de jours de nuits pour faire ce vin. Ce breuvage, acide, profond, complexe. Joie, de vivre ces instants.

R

C’est un couple qui pénètre dans notre monde. Notre cuisine notre vie. Échanges. Longueur d’onde identique. Émotion. Parcelle de granit, de grenache. Des mots qui râpent des tanins qui grattent une histoire en devenir. Un vin. Une vie.

C’est un assemblage juste. Une nouvelle cuvée. Le Clot, Carignan Novo. Une nouvelle vie. Personnalité. Un bout de chemin. Un instant de garrigues. Une poussière de granit que nous portons ensemble. Profondément. Une étoile vivante. Tranquille, souveraine. Qui luit. Qui nous guide nous montre la voie. Loin des querelles partisanes des discussions futiles. Émotions.

texte alternatif

C’est une étiquette, du vert du noir. Papier Japonais. Des noms qui nous rappellent notre vie, nos amis. Des rencontres autour d’un verre. Expliquer le pourquoi du vin. Pour cela Lèia est bonne. Super. Les enfants qui s’en foutent. Félizes. Qui courent, rêvent, vivent. Compagnie des Papillons. Compagnie des émotions. Rayons d’intuitions justes.

C’est untel qui a entendu parler. Qui ne sait pas. Ne veut pas déranger. N’ose pas. La dégustation qui provoque la parole. Musique étrange, mystérieuse, intimiste. Quelques gouttes d’un breuvage éternel. Une langue ancienne qui se délie. Réunion d’expériences. Une culture traditionnelle. Belle. Qui nous porte, nous rend meilleurs.

C’est une musique, une bossa nova. Un carignan novo. Un soir de fin de vendange. Une paella comme à Murcia. Un savoir oublié mais jamais disparu. Des pierres qui parlent. Une terre pauvre mais riche d’émotions. Une mémoire enfouie mais éternelle. Ecouter la nature. La maturité du fruit. L’instant d’énergie maximale. L’équilibre. Comme un fruit oublié qui traverse divers stade de sa vie. Le cueillir avant qu’il ne soit mort. Imprimer son âme son message dans ce jus. Avant qu’il ne succombe, qu’on ne l’oublie.

L

C’est le touriste tombé ici par erreur. Venu pour un cubi. Qui écoute. S’étonne. S’éveille. Finalement dépense dix fois ce qu’il avait prévu. C’est une responsabilité d’être à la hauteur des attentes des espérances d’une qualité. Une notoriété. Naissante mais que l’on ne peut trahir.

Ce sont les pluies de Mars. Obscurité. Jour qui tire vers le noir. Une lueur dans la cave. Lumières indirectes. Suggestion. Eaux qui n’en peuvent plus d’inonder. Des ombres qui s’approchent. Cognent à la porte. Abris. Lieu de partage. Bonjour. Voyages dans nos parcelles, dans nos envies notre cœur. Une expérience un instant de bonheur. Recordations. Le rubis du vin qui scintille. Des regards qui s’animent s’éclairent. Le pourquoi du comment. Retour sur nos choix. Nos interrogations.

texte alternatif

Ce sont nos amis. Nouveaux, anciens, de passage. Nous connaissent ils mieux ? sont ils « in the mood for wine » ? Prêts pour cette expérience ? Aquelles ojos verdes ? Cette terre, minérale, acide. Toute de finesse et de mystères. De générations d’hommes rudes. Peu causants. Caillasses indigènes et natures. Granits dans le gosier qui vous racontent ce que fut leur histoire. Des chariots tirés par des chevaux qui menaient à la vendange. Des pluies diluviennes de septembre qui rendaient la cueillette impossible. Des récoltes faramineuses aux vignes grêlées à mort. Années de disette de ceintures serrées. Fêtes de fin des vendanges aussi, inoubliables festives, belles, éternelles.

C’est un sourire, une silhouette harmonieuse svelte dans le contre jour finissant. La promesse d’une dégustation sympa. D’échange, simplement.

Ce sont les histoires que l’on répète sans se lasser. Le bonheur de nos vignes cultivées en bio. Insectes, sols vivants. Fierté de produire des vins sans aucun poison. Peu de moyens, beaucoup d’intuition. Oublier le rationnel parfois. Garder un peu de raisonnement, toujours. Goûter sans se lasser.

texte alternatif C’est le bonheur de voir ce pays qui m’a vu naitre. Sans chauvinisme sans fierté. Juste le bonheur de voir cette lumière, cette clarté, cette nature qui donne l’inspiration, l’envie d’aller plus loin de se dépasser. Rendre visible l’invisible. Retrouver un peu de ses racines. Cet accent, mon accent qui peu à peu s’estompe. Que mes enfants parfois imitent. Me font rire. Me donnent envie d’en rire. Cette montagne comme une dent canine. Présente, sage, rassurante et impressionnante. Qui capte les dernières lueurs de ce jour. Ombres étales. Contraste magique, golden light. Neiges lointaines. Promesses d’abondance d’eaux propices. De fruits cueillis à point. Juste ce qu’il faut pour donner envie de les boire. De les voir se transformer, se modeler, se pâmer. Remplir ce verre de larmes. Larmes de joie d’un jour nouveau. Au matin des promesses d’un vin que nous avons rêvé et surtout fait comme nous l’avions rêvé.

Offre de vente en Primeurs Millésime 2009, réservée aux particuliers

A la poursuite de la juste maturité



texte alternatifCommencée de manière très précoce le 24 août avec la cueillette de nos cépages blancs, la maturation des vendanges 2009 nous a promenés de cépages en cépages, de parcelles en dolmens, de granits en terrasses, de collines en plateaux. Sans jamais nous laisser entrevoir la moindre ébauche de logique autre que la sienne propre, implacable et secrète.

Faisant suite à « la douce promenade de santé de 2008 », l'année 2009 nous a obligé à chaque jour remettre en question les maigres certitudes que naïvement, nous avions cru pouvoir formuler sur l’évolution des maturités. Il nous a donc fallu faire preuve de patience pour mener à bien cette cueillette que le démarrage foudroyant du blanc nous avait laissé entrevoir comme rapide.

La saison s’était pourtant déroulée sans encombre. Faibles pluies de mai à septembre, 140mm en Avril, 250 heures de soleil en moyenne sur les mois de printemps et d’été, faible pression de maladies, absence de températures extrêmes. Malgré cela ces vendanges furent une suite d’accélérations, d’arrêts, de redémarrages, d’attentes et pour certains cépages une vitesse de fin de maturation extrêmement lente.

Par chance nos vignes, maintenant presque complètement désinhibées par des années de culture bio nous ont permis de maintenir cette acidité et cette salinité de qualité qui sont aujourd’hui la marque de nos vins. Gageons que nos débuts en biodynamie nous permettrons de faire sauter les derniers verrous et d’affiner encore notre style.

Grâce à votre fidélité nous sommes fiers de pouvoir vous proposer des vins élaborés avec un haut niveau d’exigences, produits sans pesticide de synthèse, vinifiés traditionnellement sans additif*, au plus près du millésime et en harmonie avec notre terroir de Bélesta. Merci encore pour votre soutien sans faille.

Eric et Lèia, à Bélesta le 21/06/2010

  • Hors SO2 à doses minimales

Pour obtenir le formulaire complet incluant la tarification, merci de nous contacter par courriel à: emonne@web.de Offre valable jusqu'au 15/08/2010

Saudades de 2008

Juin 2009

texte alternatifEn cette fin de printemps 2009 me reviennent à la mémoire les sensations, la lumière, le goût, la volupté, le rythme, la poésie, le son, l’énergie des belles vendanges de 2008.

Des premières baies dégustées à la fin du mois d’août aux derniers entonnages d’octobre. Des senteurs de garrigues et de feuillages frais. Matinées presque froides. Lumières nettes, définition, contraste des formes. L’équilibre des vignes, un feuillage inégalé. Le craquant des fruits, leur poids. La pierre sèche de gneiss, pesante et abrasive. Cristal aride et anguleux. Terre craquelée si riche pour la vigne bien que si maigre et acide.

Une équipe formidable, jeune, active et cool. Riche de vie et d’humour. Nous déjeunons sous le grand auvent de la cave. Tout ce qui se goûte dans la cave est sur la table. D’autres temps, d’autres vendanges. D’autres mains qui ont cueilli ces raisins. Où sont-ils, qui sont-ils ? Les vendanges sont maintenant terminées. Le vent soulève quelques mèches. Promesse du repos à venir. Une route encore vierge à tracer. Sourires épanouis et francs.

Amapola, cette musique résonne dans ma tête comme une rengaine lancinante. Musique qui a marqué ces jours de septembre et d’octobre. Musique du film de Sergio Leone que j’adore, « Il était une fois l’Amérique ».

texte alternatifBrumes cristallines du matin. Les raisins de la parcelle de la Bades luisent de ce brillant unique que l’on ne retrouve qu’aux vendanges. Noirs d’un graphite brillant, ponctuant le feuillage d’un vert presque insolent dans cette garrigue Catalane aride et Granitique. L’équipe avance en silence. Les bruissements de la nature nous signalent qu’autour de nous un monde parallèle actif et mystérieux ne connaît pas de répit. Les sangliers repus malgré nos doubles barrières électriques ont dû s’endormir à l’ombre d’un figuier dodu. Je les envie presque malgré les dégâts qu’ils nous causent. Imaginez un peu, des raisins bios, murs à point, sans piquants ni résine, un nectar délicieux et gratuit à portée de groin. Le jeu vaut bien une petite décharge de 2000 volts.

Le couple de perdrix conduisant comme des dératés, se débrouille toujours pour me filer une peur bleue au détour d’un fourré. Coccinelles et perces oreilles qui s’ils ne s’avisent pas déguerpir avant que les grappes ne les entrainent dans un autre univers risquent bien de se retrouver à des années lumières de leur lieu de naissance. Comme une prière au cœur du feuillage d’une syrah en forme de cathédrale, une mante religieuse finit de dévorer son infortuné mari. Vrombissant de colère pour avoir soulevé par erreur sa pierre plate de maison, un scorpion blanc me menace de son dard arcbouté.

texte alternatifQuelques semaines plus tard, plus haut, plus loin, c’est aussi de la brume que je vois émerger les ruines de la chapelle de Saint Barthélémy. C’est ici que le village originel de Belesta a parait-il débuté il y a 8 ou 900 ans. Y avait-il déjà une vigne en ce lieu ? Pas sur. Des céréales, des animaux domestiques, d’autres moins. Les vendangeurs s’affairent en bas de la parcelle. Nous finissons de monter une palette de cagettes. L’édifice terminé je m’assoie sur une pierre plate. Les ancêtres sont ils aussi assis là bas au pied de la chapelle à commenter nos méthodes ? Quelle langue parlent-ils ? Ces générations de travailleurs, agriculteurs, viticulteurs qui se sont succédé sur ces lieux. Ces histoires stratifiées. Qu’en reste t-il ? Comment voient-ils notre passage notre temps ?

texte alternatifCette période où jamais n’ont été réunis autant de facteurs concordants pour que naissent enfin les grands vins secs du Roussillon. Car n’en déplaise à certain, à la lumière des progrès fait depuis 10ans dans ces collines du Fenouillèdes, ces vins sont déjà là. Parce que la progression est fulgurante. En devenir dans les têtes et dans les cœurs des vignerons de la nouvelle vague. Pourtant cette révolution n’est pas très glamour. Peut être parce qu’elle est plus le fruit de la passion et de l’intelligence qu’un bac à sable pour célébrités fortunées. Définitivement, être vigneron en Roussillon est une affaire de passion.

Je me souviens de ces journées de septembre 2008. La lente fermentation des vins. Les interrogations sur le millésime. L’évolution lente de la maturité phénolique. Des acidités à scotcher un mammouth. La couleur, noir rubis des Syrahs, rubis noir des Carignans et rubis tout court des Grenaches. Tanné par le soleil. Heureux de cette énergie terrestre transmise par le raisin. Lumières de la côte. Ondulantes, fragiles et riches des promesses d’une nuit d’été, d’un vin en devenir, d’une histoire moderne et ancienne à la fois. Puisant sa force dans les racines profondes de vignes centenaires. Racines enfin libérées d’une chimie asphyxiante, aliénante, mercantile et surtout inutile dans la plupart des cas.

texte alternatifLa mélodie d’Amapola résonne encore dans mes souvenirs. Dans la nuit qui commence à tomber le peuple de la forêt m’observe sans doute de ses yeux de grains de muscats pailletés d’or. Les sangliers et leurs rêves de ripailles perpétuelles que vient troubler de temps en temps le cuisant souvenir d’une décharge électrique. La Mante qui se demande bien qui sera son prochain mari à la carte du menu de la fête qui s’annonce. Le couple de Perdrix flashé à chaque sortie de bosquet et parti dans un délire de dérapages incontrôlés, de plats de muesli doré, inconscient, libre et infiniment fou.

NB: Et toujours, valable jusqu'au 15/08/09, notre offre Primeurs du Millésime 2008

Offre de vente en Primeurs Millésime 2008, réservée aux particuliers

LE FEUILLAGE CONTRE ATTAQUE

texte alternatifFaisant suite à l’opulence du millésime 2007 qui avait pourtant démarré par une pression de maladies de la vigne relativement forte (pour le sud). Le millésime 2008 nous est apparu comme une douce promenade de santé avec un retour aux fraicheurs de 2005 et 2006 et ceci malgré une sécheresse relativement persistante.

Paradoxalement ces conditions de faible pluviométrie, 18mm en Avril, 70mm en Mai, 8mm en Juin, 14mm en Juillet, associées à des températures tempérées, ont conduit à l’émergence d’une qualité de feuillage exceptionnelle.

Les vendanges ont connu des températures minimales assez basses, 222 h. d’ensoleillement en Septembre et un seul épisode pluvieux notable le 11/09. A l’arrivée, les vins sont fluides, digestes, aériens avec une teneur en alcool moindre que 2007.

Notre vin blanc maintenant appelé CINE-PANETTONE, continue sa jolie route faite, de minéralité, de fraîcheur et de grande singularité que lui procurent les cépages gris et blancs (Carignan, Grenache, etc.) traditionnels du Roussillon.

Au fil du temps notre style fait de finesse, de fraîcheur, d’énergie et de tradition bien pesée s’est affiné sans que nous ne perdions de vue notre objectif et notre ambition de réaliser des grands vins produits sans pesticides de synthèse, sur des sols vivants et fidèles aux terroirs de Bélesta.

Les prochaines étapes seront de démarrer progressivement la culture en biodynamie en 2009 ainsi que l’acquisition d’un foudre ovale de 30hl et de cuves en béton. C’est dire l’importance des particuliers achetant nos vins en Primeurs qui nous aident à financer ce genre d’investissements. Une nouvelle fois soyez en remerciés.

Eric et Lèia, à Belesta le 17/05/2009

Pour obtenir le formulaire complet incluant la tarification, merci de nous contacter par courriel à: emonne@web.de Offre valable jusqu'au 15/08/2009

Relativité du prix du vin

texte alternatifUne cartouche d’encre d’imprimante HP à jet d’encre, noire, coûte 26.30 les 19ml soit 1038 € les 750 ml. La cartouche HP couleur, 35 € les 17 ml, soit 1544 € les 750ml.

Un Lafitte 2002, 427 € les 750ml presque 4 fois moins que la cartouche couleur à quantité égale.

Un Numero Uno, Clot de l’Oum, 28 € les 750ml, 55 fois moins cher que la cartouche couleur à quantité égale.

Une Compagnie des papillons 2007, Clot de l’Oum, 13 € les 750ml, 118 fois moins que la cartouche couleur à quantité égale.

Inclus dans le prix du Clot de l’Oum, La possibilité de contacter une personne réelle. Responsable. La personne qui a créé le vin. Et non un centre d’appels basé Dieu sait où. Qui peut renseigner sur l’état du vin à un instant donné. Qui connaît l’origine bio des raisins qui composent ce vin. Qui éventuellement (sur présentation du bouchon) peut vous remplacer une bouteille défectueuse. Sans lettre recommandée, sans attente payante sur une ligne bidon, sans s’énerver. Une personne qui peut faire déguster gratuitement sa production, sans obligation d’achat. Visiter ses installations. Partager sa passion.

texte alternatifEvidemment, rien ne remplacera l’encre des cartouches pour imprimer un courrier et rien ne remplacera le vin pour partager un bon moment (ou écrire un article). Parfois certain prix de bouteilles paraissent peu compréhensibles. Peut être le prix hallucinant de l’or des cartouches est il une chance pour les forêts. Et le prix élevé de certaines bouteilles une chance pour ceux qui pourraient en abuser.

Toujours est-il que le vigneron continue de faire son métier. Un métier pas compliqué mais multiple et de plus en plus complexe. Demandant beaucoup de disponibilité, une équipe talentueuse et soudée, une organisation efficace. Certaines structures (peu en Europe) sont déjà à un stade industriel qui fait ressembler une visite de la cave à un « Disneyland tour ». Espérons que cette disponibilité encore offerte par la grande majorité des vignerons restera longtemps ce qu’elle est, une tradition ancienne, mélange d’hospitalité et de fierté de présenter le fruit de son travail ainsi que l’envie de partager une passion avec ceux qui le souhaitent.

texte alternatif











NB: librement inspiré du courrier d'un lecteur de TELERAMA

"Et si c'était elle qui avait tué son mari ?"

Millésime Bio 2009.

1er jour : Un camion de carburant c’est couché sur l’autoroute qui traverse Montpellier. Lost in translation dans le chaos du trafic matinal nous errons de rotondes en rotondes dans les méandres de la banlieue de Montpellier. Avec deux heures de retard nous atteignons le palais des expositions. La salle est lumineuse, spacieuse, efficace. Les Norvégiens sont sur les dents. Le Monopole d’état a lancé des appels d’offres concernant les vins du sud dont un concernant Belesta notre village. C’est donc un défilé de très bons professionnels qui se bousculent pour importer nos vins. Ronds de jambes ou volonté sincères de travailler avec nos vins ? Ou les deux peut être, à ce stade on n’en sait encore rien. Nos 2007, bruts de cuve, se goûtent plutôt bien.

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2e jour : Les Papis du Buena Vista Social Club me semblent avoir fait l’impasse sur le Millésime bio de cette année. De même que je n’ai pas encore vu l’homme au chapeau à la Ry Cooder qui nous avait été de si bon augure l’année dernière. Je commence à m’inquiéter quand apparaît au détour d’une allée un homme habillé d’une veste à franges du type Davy Crocket. Suivi de prés par une autre personne portant un Borsalino. Mes compteurs sont au rouge quand je regarde dans la direction de Lèia qui m’envoie un clin d’œil. Rassuré je traverse l’espace œnothèque qui mène au restaurant. Et quel restaurant, cette année les organisateurs ont vraiment frappé très fort avec une qualité que je n’avais jamais rencontré dans un salon professionnel.

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3e jour : D’ailleurs le qualitatif est cette année partout, en face de nous, Alain Chabanon, plus loin, Montirius, Tribouley, Laguerre, Python, Bedel, Canet Valette, etc.

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5e jour : A peine remis de millésime bio, Didier débarque dans notre cave avec sa famille d’insectes mécaniques pour la mise en bouteille des 2007. Bouchons trop gros, les Magnum de Papillons 2007 nous donnent des sueurs froides. Il faut raboter, limer, poncer. Tout finit par rentrer dans l’ordre mais nous avons pris du retard. Il est presque 23 :00 quand nous quittons la cave. Les machines sont retournées dans leur ruche. Le cliquetis démentiel de leurs mandibules mécaniques me poursuit encore dans mon sommeil. Avant de plonger, je remercie mentalement tous ceux qui ont accepté de nous accompagner jusqu’au bout.

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6e jour : Départ en train pour le salon de la Renaissance des Appellations d’Angers. Sur ma gauche un couple avec un chien dans un panier s’installe tranquillement. Confiant ou inconscient, je m’endors. Dans mon rêve, une raboteuse géante vient d’attaquer les machines de Didier et entreprend de les rectifier dans un boucan d’enfer. A mon réveil le Monsieur à ma gauche, voulant fabriquer une écuelle pour le petit chien dans le panier, vient d’attaquer un gobelet de PVC avec la scie de son couteau Suisse. Ce bruit diabolique m’oblige à me retourner vers la fenêtre. Nous traversons les étangs entre Narbonne et Perpignan. Cette image me replonge loin, très loin dans la nostalgie de mon passé. Où étudiant, je retrouvais ces belles racines de mon Pays qui devaient, plusieurs années plus tard nous emmener à faire du vin en Roussillon.

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7e jours : C’est ma première visite dans cette belle ville. Vers 7 :00 en ce dimanche je traverse la Maine pour me rendre aux Greniers Saint Jean. La brume est glaciale, la ville blanche et majestueuse s’éveille à peine. Dans les Greniers, c’est déjà le coup de feu. Stephane Tissot cherche désespérément un café et me signale qu’il est déjà en rupture de Clot de l’Oum. Ça tombe bien nous sommes aussi en rupture de ses formidables vins. Un nouvel échange est à prévoir. Marc Angéli, casquette vissée sur le front est au four et au moulin. Il rappelle gentiment aux vignerons du sud que les refroidisseurs ne sont pas destinés à être emporté. Je le remercie pour cette remarque affectueusement injuste. Il me répond qu’il est lui-même d’origine Corse.

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8e jour : Dans le métro entre la gare Montparnasse et la gare du Nord. Un vieux Monsieur sur le strapontin en face du mien. Parle un peu tout seul. A voix haute. Entre une mendiante. Elle présente sa situation familiale. Sans ressources, sans domicile, sans travail. Traverse le wagon dans la longueur pour récupérer quelques cents. Quand elle passe au niveau du Monsieur, dans un silence, il s’adresse à ce que je crois être moi. « Et si c’était elle qui avait tué son mari? » me demande t-il. Mais peut être que je me trompe. Peut être ne s’adresse t-il à personne qu’à lui-même. Après quelques considérations géopolitiques. Il s’éclipse dans un éclat de rire. Rythmé, dense et communicatif.

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Cette semaine un peu folle est maintenant terminée. Les 2007 sont en bouteilles et ne risquent plus grand-chose. Nous pouvons respirer quelques jours avant d’attaquer le suivi commercial des contacts que nous avons lié pendant ces salons professionnels. Même si le vin est un produit festif, il faut aussi le vendre et ces salons sont d’abord faits pour cela. Ce qui constitue un vrai travail et une casquette supplémentaire pour le vigneron qui en possèdent déjà une sacrée panoplie. Béret Basque, Barretina Catalane, casque à pointe, lequel choisir ? Mes compteurs sont repartis dans le rouge. Mais ça ne dure pas. Le vin est maintenant protégé. Nous pouvons continuer. Continuons.

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Millésime Bio 2009, Salon d’Angers, des nouveautés, des noms et un discours magnifique. 25/01/2009

Millésime Bio 2009, Salon d’Angers, des nouveautés, des noms et un discours magnifique.

Cette année nous serons à Millésime Bio du 26 au 28 janvier 2009 à Montpellier et le Dimanche 1er février au grenier Saint Jean d’Angers avec la « Renaissance des Appellation ».

Pour le salon d’Angers aux Greniers Saint Jean, c’est notre première participation qui fut conditionnée à la certification bio, à l’adhésion à la charte de la Renaissance des Appellations et à la sélection au cours d’une dégustation par le comité de sélection.

A cette occasion nous présentons nos vins du millésime 2007 incluant nos trois cuvées régulières, La Compagnie des Papillons, Saint Bart. V.V., Numero Uno, et deux nouvelles cuvées :

Une base de Carignan sur granit pur appelée GRANITO VIVO et notre blanc incluant des Grenaches Gris et du Carignan Gris maintenant appelé CINE-PANETONNE.

texte alternatifUn ami vient de me demander d’où me venait l’inspiration pour trouver des noms aussi horribles. En vérité je n’ai pas vraiment de mérites, le mauvais goût étant chez moi une seconde nature. Il y a quand même un goût qui m’importe plus que le nom, c’est le goût du vin qui est dans le verre et aussi la manière dont ce vin a été produit.

Toujours est-il qu’il faut bien donner un nom à ces vins que nous avons créés et pour cela j’aime autant qu’ils me racontent une histoire.

La Compagnie des Papillons, un jeu inventé par nos enfants. Un problème d’insectes, Nadia et Roger (noms de jeu) à la manière du Wolf dans « Pulp Fiction », accouraient et trouvaient des solutions. Parfois radicales.

Saint Bart. Vieilles Vignes, le nom de la plus vieille parcelle du Clot de l’Oum. Saint Barthélémy en réalité, carignans centenaires à 600 m d’altitude au pied d’une chapelle (en ruine) du 12eme siècle. Terroir de Gneiss et l’âme de ce vin.

Numero Uno, notre cuvée phare en souvenir de « l’Osteria Numero Uno » à Kreuzberg. Notre refuge préféré quand nous habitions Berlin. Un hommage aussi à l’Italie qui nous a tant inspiré pour créer nos vins.

GRANITO VIVO, le terroir de la base de cette cuvée de base Carignan. L’énergie, la fraicheur et la minéralité de ce vin à la fois profond et droit.

CINE-PANETONNE, en Italie le nom donné à ces films médiocres qui tous les ans, comme le panetonne, surgissent pendant la période de Noël. Notre blanc sort toujours juste après Noël et surtout on adore le panetonne artisanal. Et puis ce sont ces goûts de brioche, de pain sucré, de fruits confits, de mangues qui je trouve, se marient si bien avec ce vin (sec).

texte alternatifTous ces noms, ces histoires seront-elles de bon augure pour la présentation de nos vins à Millésime Bio et à Angers ? Je n’en sais rien. L’année dernière les « Papis du Buena Vista Social Club » combinés aux apparitions de l’homme au chapeau à la Ry Cooder avaient été de bons catalyseurs d’énergies positives. Toujours est-il que cette semaine à bien commencé. Je me disais cela mardi en lisant à mes enfants le discours d'investiture d'Obama. Bien sur mon fils (9 ans) s’intéressait plus à perfectionner son dribble appris l’après midi à son entrainement de foot. Mais ma fille (12ans) et moi en avions les larmes aux yeux. Utopique ? Peut être. Ou bien les filles seraient elles plus intelligentes que les garçons ?

On verra bien.

Aux dernières nouvelles, suprême indice de qualité, la Chine à censuré le discours d’Obama.

Nouveaux vins blancs en Roussillon

texte alternatifQuand j’ai raconté à David Schildknecht, responsable L.R. et Autriche pour le Wine Advocate de R. Parker, que notre blanc 2007 avait été refusé deux fois aux dégustations d’agrément de l’INAO pour « excès d’acidité », il a failli s’étrangler et réagi :


-These whites are world class wines.

Il a enchainé en qualifiant une telle décision d’insensée.

Son appréciation des « nouveaux blancs » du Roussillon se voulait plus générale et incluait les vins d’autres domaines soucieux de fraicheur et de minéralité comme : Matassa, Gauby, Pithon, les vins de Gilles Trouillé, etc. C’est devenu aujourd’hui presque une évidence mais il est à noter que tous ces domaines (incluant le notre) sont en agriculture biologique (et Biodynamie pour certains) et évoluent sur la zone du Haut Fenouillède pouvant procurer à la fois fraicheur et minéralité. Ses vins ont aussi pour caractéristique d’être élaborés avec des cépages traditionnels des vins doux du Roussillon, Grenache blanc/gris, Carignan blanc/gris, Macabeu, Muscat, etc…Mais vinifiés en vin sec avec un accent mis sur la fraicheur et la minéralité. Donc très loin des blancs secs dits typiques du Roussillon, mous, lourds, alcooleux et surtout… En voie d’extinction faute d’acheteurs.

Par contre ces nouveaux blancs du Roussillon se vendent très bien, dans le tiers supérieur des prix de vente des vins de caves particulières. Même si ces vins peuvent surprendre le dégustateur car comme le soulignait D. Schildknecht, ils ne ressemblent à rien de connu.

texte alternatifDavid semble fasciné par ces vins. Il me parle d’une région d’Autriche aux vins doux traditionnels mais où une poignée de vignerons se sont lancé dans les vins secs. Des cépages locaux. Noms oubliés. Un peu comme nos Carignans gris que nous allons sélectionner tôt le matin parmi une mer de Carignans noirs centenaires. De même les Grenanches gris, Macabeux, Muscats qui poussent en foule dans la belle combe du Berteil.

Dans ces conditions, difficile de répondre précisément quand on me demande la proportion de tel ou tel cépages dans nos vins. De manière surprenante, tel un organisme vivant complexe et autonome, ces cépages arrivent à maturité ensemble. Alors que les recueils ampélographiques donnent des dates totalement diverses. Travail bio, terroirs, climats, équilibres environnementaux ? Je ne sais. David me signale que Marcel Deiss en Alsace a constaté le même phénomène. Il rallume son dictaphone et s’empresse de noter cette information.

texte alternatifNous continuons la dégustation. Le 2006 commence tout juste à s’ouvrir. David me parle de la lenteur d’expression des grands blancs. Pour lui le 2007 à un plus grand potentiel encore. Cependant, réservé, presque timide il ne nous laisse entrevoir que des bribes de son avenir. Fin de bouche, la salinité est perceptible. Une sensation agréable, étrange, qui donne envie d’y revenir. David me parle de cette minéralité unique tout en murmurant une histoire mystérieuse à l’oreille de son dictaphone.

Nous passons aux rouges. David me semble satisfait par l’évolution de notre style. Energie, fluidité, digestibilité. Le travail en bio en nous permettant de cueillir un peu plus tôt à maturité phénolique égale à porté ses fruits. Notre nouveau Carignan pur granit 2007, l’inspire particulièrement. Le dictaphone tourne à plein régime. Un Canyon de minéralité baigné d’une brise délicieusement fraiche. Il se fait tard, David choisi trois bouteilles de la dégustation, le blanc 2006, Numero Uno 2006, Saint Bart. Vieilles Vignes 2004 et m’invite au restaurant.

Restaurant le Barathym à Perpignan. Le patron accepte gentiment que nous continuions la dégustation de nos vins sans supplément. Poêlée de saint Jacques et petits légumes, Feuilleté d’aubergine au chèvre fondant. Sur les deux plats, le rouge Saint Bart. 2004 gagne le match. De même sur les ravioles aux morilles. Par contre le blanc 2006 s’éclate sur les lasagnes de saumon et saint Jacques au jus de crustacé. Sur ces plats le Uno est moins à son aise. Pour David la Syrah est un cépage « carnivore ». Pas de viande, le Uno ne dansera pas ce soir.

texte alternatifDavid me raconte qu’en descendant de Calce la veille il a vu l’ombre de ceps centenaires défiler sous le pinceau rectiligne de la pleine lune. Dans le lointain, la silhouette imposante du Canigou se découpait nettement entre deux valons. Couchés, debout, couchés, debout. Telle une langue ancienne que nous ne comprenons qu’à peine, ces ceps nous racontent l’histoire d’un passé en devenir. Saurons-nous préserver les derniers survivants de cet héritage ? Saurons-nous traduire ces textes en paroles compréhensibles de nos jours ? Peut être ? Peut être ces nouveaux blancs du Roussillon sont ils une nouvelle lecture de textes oubliés mais à jamais vivants.

Ce fut la première dégustation à la cave avec David Schildknecht depuis qu’il travaille avec le Wine Advocate. Beaucoup de concentration de sa part mais aussi beaucoup de gentillesse, de simplicité et de disponibilité. Même quand il prenait ses notes sur son inusable dictaphone il est resté ouvert à mes questions. Bien sur il donnera son appréciation et cela nous permettra de mieux nous situer par rapport aux autres vignerons et peut être de progresser. Dans tous les cas c’est toujours un plaisir de recevoir un dégustateur exceptionnel à la cave, riche en enseignements et suffisamment rare pour ne pas bouder son plaisir. Merci David pour nous avoir fait l’honneur de ta visite et bonne route.

Un jour de septembre au Clot de l'Oum

Un jour de septembre au Clot de l’Oum.

texte alternatifLe jour se lève à peine. Il fait 12°, deux de moins qu’à Perpignan. Nous sommes en altitude. Charles et les frères 4L _ils sont pas frères mais s’appellent tous deux José et possèdent chacun une 4L fourgonnette beige et bleu d’avant le phylloxéra_ ont pris les choses en main. Charles comme à son habitude est d’une humeur exécrable _Il à très bon cœur, mais en vendanges il stresse et le matin c’est pas son truc_

Quelques nappes de brumes lézardent encore dans les parcelles. Un couple de perdrix manque de déjanter dans une sortie de virage en épingle. L’air est frais. Le silence apaisant. Les grappes sont glacées, noires bleutées. La racine de la tige est déjà marron. Le pinceau de pulpe que laisse le grain qu’on arrache est parsemé de fils noirs et droits comme des fibres de carbone. La peau forme une purée fine quand on la mâche. Le pépin vire de l’orange au marron et craque sous la dent comme un grain de cacao bien mûr. La pulpe est fraiche, fluide et fine. Le fruit est à l’apogée de sa dynamique.

Charles prend ses airs de matamores et foudroient quiconque à la mauvaise idée de cueillir une grappe abimée. En réalité ses airs de méchant ex talonneur du XV de la Palme ne font plus trembler grand monde mais ça reste quand même une bonne entrée en matière pour la suite.

texte alternatifCar la suite se profile déjà à l’horizon proche de la parcelle. C’est le moment que choisie « Dona Lua » pour intervenir. Là ça commence à devenir plus sérieux. Directe et précise, les petits arrangements entre amis que tolérait encore Charles, ne marchent plus. On passe de la grappe au grain, de la vue d’ensemble au détail. Le temps des arrangements est bel et bien épuisé, fini, over, terminado, kaput.

Nous raccompagnons les deux premières palettes de cagettes à la cave. Le raisin est propre, sain, la table de tri ne se justifie pas. Cagettes après cagettes l’égrappage commence. La peau est fine, le jus s’écoule déjà suffisamment par la plaie de rafle. Je ne vois pas la nécessité de fouler. Dona Lua est d’un autre avis. Certains grains d’une partie moins précoce de la parcelle sont plus fermes et cette année le jus est rare. Elle voudrait en fouler une vingtaine cagettes. On coupe la poire en deux à dix. La benne basculante se remplie. Noirs, mouillés, comme des perles sombrent sorties de leur eau protectrice, les grains scintillent dans la lumière rasante.

Je viens de sauver une coccinelle de la noyade. Un couple de perces oreilles appelle à l’aide. Le tamis les emporte vers le poste de secours. Broussaille inextricable qui telle une cathédrale, les accueille glapissant de bonheur. L’élévateur emporte la benne qui bascule dans le vide. La chute des grains résonne en moi comme une promesse de plaisirs. La cuve se remplie. Dés qu’ils sont accessibles, Lèia écrase doucement quelques grains, un touché délicieux et sensuel qui s’il n’est pas d’un effet décisif sur le vin final, lui permet de s’imprégner au plus prés de la nature du fruit de cette année.

texte alternatifToutes ces informations sont précieuses. Ce sont elles qui nous fourniront les clés de lecture du millésime. Sans ces clés, pas de décisions avisées, pas d’adéquation avec les caractéristiques de ce raisin cueilli aujourd’hui à Belesta, Roussillon, Fenouillèdes, ce jour de septembre 2008.

La journée avance, Charles commence à être plus relax. Les cuves se remplissent et l’heure du casse croute approche. Nous en profitons pour déguster certaines cuves en fin de fermentation. Cette dégustation sur le repas, parce qu’elle correspond à un moment de détente et qu’elle met en perspective les sensations de dégustations grâce à l’accord mets vin, nous fournie des informations supplémentaires précieuses sur la conduite des fermentations.

La journée avance, les frères 4L et Charles viennent nous appuyer pour le grand nettoyage. Cagettes, égrappoir, bords des cuves, benne basculante, élévateur, sols, sont lavés et désinfectés. Qui se prendra le jet d’eau dans le dos ? lorsque la connexion réputée 100% sure, lâchera. Les frères 4L, Dona Lua, Charles ? Non c’est moi. Mouillés, vannés, cassés, nous remplissons les dernières fiches de suivi. Un dernier coup de râteau sur le sol, nous remercions tous le monde. La lumière s’éteint.

texte alternatifDans l’air fraichissant, nous nous asseyons un moment, les pieds suspendus au bord de la plateforme. Une nappe de brume bleutée, recouvre déjà la plaine du Roussillon d’où s’élève, pâle et droite, la fumée de quelques feux. Le vent s’est calmé. A l’ouest la masse rassurante du Canigou nous fascine toujours autant. Le sommet ourlé d’orange savoure ses derniers rayons de soleil visibles. A l’est, sombre flaque de carbone liquide, la mer s’endort.

The taste of wine to come

texte alternatifC’est presque devenu une tradition à la maison. Tout au long de l’année qui précède un nouveau millésime. Nous discutons sur le vin que nous avons envie de faire aux prochaines vendanges. Quel sera son style, son degré de maturité tannique, son acidité. Son corps, sa concentration. Cueillerons-nous tel cépage de telle parcelle aussi tôt que l’année dernière, ou aussi tard qu’il y a deux ans ? Rechercherons-nous un fruit plus présent ?

Cela se passe souvent dans notre cuisine. En préparant le repas ou en dégustant un verre de vin. Ce vin que nous avons dégusté chez des copains ou au club de dégustation. Trop mûr, manquant d’acidité, sans énergie ou bien, équilibre parfait, minéralité, acidité, fruit, tanins. Dynamique, énergie, présence. Cela dure un an d’une vendange à l’autre et surtout cela n’a pas de fin. Parce que notre goût, celui de la société, sont en évolution. Parce que chaque millésime est unique

texte alternatifSouvent on nous pose la question: mais enfin, c’est bien la nature qui décide de la qualité du millésime ? Oui et non. Oui, pour les caractéristiques générales du millésime que l’on peut souvent sentir dans le goût des fruits locaux de l’été précédent les vendanges, précocité, concentration, potentiel de maturité, complexité, aptitude à une maturation complète. Non, pour la date des vendanges (et c’est déjà essentiel), pour le choix d’une des maturités à l’intérieur du plateau de maturité phénolique. Juste mûr, juste bon, juste sur mûr. Non aussi pour le style de vin. Oui et non pour la qualité et le force de l’acidité. Un peu plus « non » peut être pour la qualité de l’acidité, parce qu’elle me semble plus déterminée par le type de travail en amont dans les vignes. Avec un avantage indéniable pour le travail naturel, bio, ou bio d. Un peu plus « oui » pour la force de l’acidité qui est inversement proportionnelle aux courbes de maturité.

Chez nous la discussion sur le goût du vin à venir est souvent sportive :

texte alternatif

Elle : Et les fruits, tu les as goûté les fruits de l’été 2006 ?
Lui : Oui et alors ?
Elle : Et alors c’était une qualité d’acidité, un équilibre, une énergie inégalés. Cette année ne compte pas refaire la même chose.
Lui : Bon on ferra ce qu’on pourra. C’est pas la peine de stresser à 3 mois des vendanges. Au fait j’ai lu un truc super sur le blog du Champ des Treilles. Il parait qu’ils goûtent les fleurs de la vigne et même les feuilles pour faire la différence entre les cépages. C’est super non ?
Elle : Super, ouais, au moins ils font un truc ensemble, eux.
Lui : Bon tu vas pas recommencer, les vins, nos vins, jusqu’à aujourd’hui on les a pas fait ensemble peut être ?
Elle : Oui mais on aurait pu faire mieux. Et le Grenache alors ?
Lui : Quoi le Grenache.
Elle : Tu sais bien que c’est pas évident d’en déterminer la juste maturité phénolique.
Lui : Oui je sais, la sensation n’est pas linéaire comme dans la Syrah.
Elle : C’est pas ça que je veux dire. En 2005 on aurait pu attendre un peu plus.
Lui : Et en 2001 c’était un peu trop.
Elle : D’accord mais sur la parcelle de « Pelut » à 500 mètres d’altitude c’était parfait. L’idéal ce serait de cueillir les Syrah un peu plus tard qu’en 2006. 2007, voilà le point. Les grenaches un peu plus tôt qu’en 2006 et un peu moins tard qu’en 2007. Et les Carignans…
Lui : Quoi les Carignans ?
Elle: Les Carignans, ils sont exceptionnels une fois tous les 5 ans. Le reste du temps c’est moyen plus.
Lui : 2007 c’était gégène. L’année du Carignan.
Elle : Tu vas pas écrire ça sur le blog non ?
Lui : Je vais me gêner.
Elle : Chaque fois qu’on discute d’un truc il faut que tu le cries sur les toits.
Lui : Mais enfin, tu sais très bien qu’il n’y a pas de secret.
Elle : M’en fout. Prends exemple sur un tel, vigneron à Sainte feuille les vignes. Pas un mot. Rien, niks, nada. Une tombe.
Lui : Tu parles d’une ambiance d’enterrement.
Elle : Tiens, goûtes moi ça. Maintenant bois une gorgée de Saint Bart.
Lui : Je préfère le UNO.
Elle : C’est pas la question. Tu sens l’harmonie. L’accord parfait.
Lui : …
Elle : Alors ?
Lui : C’est beau. Y a pas de la coriandre dans la sauce ?
Elle : Y en a.

texte alternatifAinsi va la vie. Je ne sais pas si nous arriverons à faire exactement ce vin qui est déjà dans nos tête mais dont le fruit n’est pas encore cueilli. Si les énergies des dolmens de Belesta nous pousserons un petit peu ou si le vent nous engloutira. Si après une longue journée de vendanges, de travail à la cave, nous aurons encore la force de nous asseoir un moment sur le bord de la plateforme devant la cave à contempler le ciel si pur du Roussillon. L’éclat familier du phare du cap Béar, l’ombre imposante du Canigou, l’encre grise du bois de chênes verts et celle plus noire du bois de pins qui mène au col de pierres blanches. Je ne sais pas. Mais j’aimerais bien.

Elle : Tu sombres dans le gagatisme nostalgique ou quoi ?
Lui : …
Elle : Et mon accord parfait ?
Lui : Il est parfait. Et si on continuait ?
Elle : …Continuons.


Et toujours valable, notre offre Primeurs 2007 : IcI

Offre de vente en Primeurs millésime 2007, réservée aux particuliers

texte alternatifAprès un Millésime 2006 caractérisé par une fraîcheur de qualité exceptionnelle (pas seulement pour les raisins mais pour les fruits en général), 2007 réintroduit un peu du caractère Méditerranéen qui s’était légèrement estompé au cours des deux Millésimes précédents.

Paradoxalement, le printemps a commencé de manière compliquée comme un peu partout en France. Des alternances de pluie et des températures moyennes relativement basses ont accentué la pression du mildiou comme rarement en Méditerranée.

Toutefois cette pression est restée totalement gérable, grâce à l’ensoleillement, 215 h. 234 h. 226 h. respectivement en avril, mai et juin, pour 80 ; 47 ; 6 mm de pluie. Mais aussi grâce à notre vigilance et l’expérience accumulée en pratiquement 10 ans de travail naturel à Belesta.

Contrairement aux diverses annonces faites à l’époque, les domaines en bio du Roussillon s’en sont plutôt bien tiré et avec à peine 2kg de cuivre par hectare (6kg autorisés), soit le double de nos doses habituelles, nous considérons, qu'à la lumière de la pression exceptionnelle de 2007, nous sommes restés circonscrit à une utilisation raisonnable et maîtrisée.

En conséquence, nous n’avons pas cédé à la panique et sommes en mesure de vous proposer des vins exempts de pesticides. En toute transparence et avec la garantie que constitue la certification.

Au final, des mois de juillet et d’août relativement secs et un léger effet de foehn au début du mois de septembre ont achevé de produire des vins ayant une profondeur, une matière fluide et un fruit d’une dynamique exceptionnelle que nous n’avions encore jamais rencontré auparavant.

Eric et Lèia, à Belesta le 01/06/2008

Pour obtenir le formulaire complet incluant la tarification, merci de nous contacter par courriel à: emonne@web.de Offre valable jusqu'au 31/08/2008