clot de l'oum


UN SOIR PETIT GRAIN D'OR, UN SOIR DE PLEINE LUNE ET DE GRAND VENT...

Saudades de 2008

Juin 2009

texte alternatifEn cette fin de printemps 2009 me reviennent à la mémoire les sensations, la lumière, le goût, la volupté, le rythme, la poésie, le son, l’énergie des belles vendanges de 2008.

Des premières baies dégustées à la fin du mois d’août aux derniers entonnages d’octobre. Des senteurs de garrigues et de feuillages frais. Matinées presque froides. Lumières nettes, définition, contraste des formes. L’équilibre des vignes, un feuillage inégalé. Le craquant des fruits, leur poids. La pierre sèche de gneiss, pesante et abrasive. Cristal aride et anguleux. Terre craquelée si riche pour la vigne bien que si maigre et acide.

Une équipe formidable, jeune, active et cool. Riche de vie et d’humour. Nous déjeunons sous le grand auvent de la cave. Tout ce qui se goûte dans la cave est sur la table. D’autres temps, d’autres vendanges. D’autres mains qui ont cueilli ces raisins. Où sont-ils, qui sont-ils ? Les vendanges sont maintenant terminées. Le vent soulève quelques mèches. Promesse du repos à venir. Une route encore vierge à tracer. Sourires épanouis et francs.

Amapola, cette musique résonne dans ma tête comme une rengaine lancinante. Musique qui a marqué ces jours de septembre et d’octobre. Musique du film de Sergio Leone que j’adore, « Il était une fois l’Amérique ».

texte alternatifBrumes cristallines du matin. Les raisins de la parcelle de la Bades luisent de ce brillant unique que l’on ne retrouve qu’aux vendanges. Noirs d’un graphite brillant, ponctuant le feuillage d’un vert presque insolent dans cette garrigue Catalane aride et Granitique. L’équipe avance en silence. Les bruissements de la nature nous signalent qu’autour de nous un monde parallèle actif et mystérieux ne connaît pas de répit. Les sangliers repus malgré nos doubles barrières électriques ont dû s’endormir à l’ombre d’un figuier dodu. Je les envie presque malgré les dégâts qu’ils nous causent. Imaginez un peu, des raisins bios, murs à point, sans piquants ni résine, un nectar délicieux et gratuit à portée de groin. Le jeu vaut bien une petite décharge de 2000 volts.

Le couple de perdrix conduisant comme des dératés, se débrouille toujours pour me filer une peur bleue au détour d’un fourré. Coccinelles et perces oreilles qui s’ils ne s’avisent pas déguerpir avant que les grappes ne les entrainent dans un autre univers risquent bien de se retrouver à des années lumières de leur lieu de naissance. Comme une prière au cœur du feuillage d’une syrah en forme de cathédrale, une mante religieuse finit de dévorer son infortuné mari. Vrombissant de colère pour avoir soulevé par erreur sa pierre plate de maison, un scorpion blanc me menace de son dard arcbouté.

texte alternatifQuelques semaines plus tard, plus haut, plus loin, c’est aussi de la brume que je vois émerger les ruines de la chapelle de Saint Barthélémy. C’est ici que le village originel de Belesta a parait-il débuté il y a 8 ou 900 ans. Y avait-il déjà une vigne en ce lieu ? Pas sur. Des céréales, des animaux domestiques, d’autres moins. Les vendangeurs s’affairent en bas de la parcelle. Nous finissons de monter une palette de cagettes. L’édifice terminé je m’assoie sur une pierre plate. Les ancêtres sont ils aussi assis là bas au pied de la chapelle à commenter nos méthodes ? Quelle langue parlent-ils ? Ces générations de travailleurs, agriculteurs, viticulteurs qui se sont succédé sur ces lieux. Ces histoires stratifiées. Qu’en reste t-il ? Comment voient-ils notre passage notre temps ?

texte alternatifCette période où jamais n’ont été réunis autant de facteurs concordants pour que naissent enfin les grands vins secs du Roussillon. Car n’en déplaise à certain, à la lumière des progrès fait depuis 10ans dans ces collines du Fenouillèdes, ces vins sont déjà là. Parce que la progression est fulgurante. En devenir dans les têtes et dans les cœurs des vignerons de la nouvelle vague. Pourtant cette révolution n’est pas très glamour. Peut être parce qu’elle est plus le fruit de la passion et de l’intelligence qu’un bac à sable pour célébrités fortunées. Définitivement, être vigneron en Roussillon est une affaire de passion.

Je me souviens de ces journées de septembre 2008. La lente fermentation des vins. Les interrogations sur le millésime. L’évolution lente de la maturité phénolique. Des acidités à scotcher un mammouth. La couleur, noir rubis des Syrahs, rubis noir des Carignans et rubis tout court des Grenaches. Tanné par le soleil. Heureux de cette énergie terrestre transmise par le raisin. Lumières de la côte. Ondulantes, fragiles et riches des promesses d’une nuit d’été, d’un vin en devenir, d’une histoire moderne et ancienne à la fois. Puisant sa force dans les racines profondes de vignes centenaires. Racines enfin libérées d’une chimie asphyxiante, aliénante, mercantile et surtout inutile dans la plupart des cas.

texte alternatifLa mélodie d’Amapola résonne encore dans mes souvenirs. Dans la nuit qui commence à tomber le peuple de la forêt m’observe sans doute de ses yeux de grains de muscats pailletés d’or. Les sangliers et leurs rêves de ripailles perpétuelles que vient troubler de temps en temps le cuisant souvenir d’une décharge électrique. La Mante qui se demande bien qui sera son prochain mari à la carte du menu de la fête qui s’annonce. Le couple de Perdrix flashé à chaque sortie de bosquet et parti dans un délire de dérapages incontrôlés, de plats de muesli doré, inconscient, libre et infiniment fou.

NB: Et toujours, valable jusqu'au 15/08/09, notre offre Primeurs du Millésime 2008

Offre de vente en Primeurs Millésime 2008, réservée aux paticuliers

LE FEUILLAGE CONTRE ATTAQUE

texte alternatifFaisant suite à l’opulence du millésime 2007 qui avait pourtant démarré par une pression de maladies de la vigne relativement forte (pour le sud). Le millésime 2008 nous est apparu comme une douce promenade de santé avec un retour aux fraicheurs de 2005 et 2006 et ceci malgré une sécheresse relativement persistante.

Paradoxalement ces conditions de faible pluviométrie, 18mm en Avril, 70mm en Mai, 8mm en Juin, 14mm en Juillet, associées à des températures tempérées, ont conduit à l’émergence d’une qualité de feuillage exceptionnelle.

Les vendanges ont connu des températures minimales assez basses, 222 h. d’ensoleillement en Septembre et un seul épisode pluvieux notable le 11/09. A l’arrivée, les vins sont fluides, digestes, aériens avec une teneur en alcool moindre que 2007.

Notre vin blanc maintenant appelé CINE-PANETTONE, continue sa jolie route faite, de minéralité, de fraîcheur et de grande singularité que lui procurent les cépages gris et blancs (Carignan, Grenache, etc.) traditionnels du Roussillon.

Au fil du temps notre style fait de finesse, de fraîcheur, d’énergie et de tradition bien pesée s’est affiné sans que nous ne perdions de vue notre objectif et notre ambition de réaliser des grands vins produits sans pesticides de synthèse, sur des sols vivants et fidèles aux terroirs de Bélesta.

Les prochaines étapes seront de démarrer progressivement la culture en biodynamie en 2009 ainsi que l’acquisition d’un foudre ovale de 30hl et de cuves en béton. C’est dire l’importance des particuliers achetant nos vins en Primeurs qui nous aident à financer ce genre d’investissements. Une nouvelle fois soyez en remerciés.

Eric et Lèia, à Belesta le 17/05/2009

Pour obtenir le formulaire complet incluant la tarification, merci de nous contacter par courriel à: emonne@web.de Offre valable jusqu'au 15/08/2009

Relativité du prix du vin

texte alternatifUne cartouche d’encre d’imprimante HP à jet d’encre, noire, coûte 26.30 les 19ml soit 1038 € les 750 ml. La cartouche HP couleur, 35 € les 17 ml, soit 1544 € les 750ml.

Un Lafitte 2002, 427 € les 750ml presque 4 fois moins que la cartouche couleur à quantité égale.

Un Numero Uno, Clot de l’Oum, 28 € les 750ml, 55 fois moins cher que la cartouche couleur à quantité égale.

Une Compagnie des papillons 2007, Clot de l’Oum, 13 € les 750ml, 118 fois moins que la cartouche couleur à quantité égale.

Inclus dans le prix du Clot de l’Oum, La possibilité de contacter une personne réelle. Responsable. La personne qui a créé le vin. Et non un centre d’appels basé Dieu sait où. Qui peut renseigner sur l’état du vin à un instant donné. Qui connaît l’origine bio des raisins qui composent ce vin. Qui éventuellement (sur présentation du bouchon) peut vous remplacer une bouteille défectueuse. Sans lettre recommandée, sans attente payante sur une ligne bidon, sans s’énerver. Une personne qui peut faire déguster gratuitement sa production, sans obligation d’achat. Visiter ses installations. Partager sa passion.

texte alternatifEvidemment, rien ne remplacera l’encre des cartouches pour imprimer un courrier et rien ne remplacera le vin pour partager un bon moment (ou écrire un article). Parfois certain prix de bouteilles paraissent peu compréhensibles. Peut être le prix hallucinant de l’or des cartouches est il une chance pour les forêts. Et le prix élevé de certaines bouteilles une chance pour ceux qui pourraient en abuser.

Toujours est-il que le vigneron continue de faire son métier. Un métier pas compliqué mais multiple et de plus en plus complexe. Demandant beaucoup de disponibilité, une équipe talentueuse et soudée, une organisation efficace. Certaines structures (peu en Europe) sont déjà à un stade industriel qui fait ressembler une visite de la cave à un « Disneyland tour ». Espérons que cette disponibilité encore offerte par la grande majorité des vignerons restera longtemps ce qu’elle est, une tradition ancienne, mélange d’hospitalité et de fierté de présenter le fruit de son travail ainsi que l’envie de partager une passion avec ceux qui le souhaitent.

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NB: librement inspiré du courrier d'un lecteur de TELERAMA

"Et si c'était elle qui avait tué son mari ?"

Millésime Bio 2009.

1er jour : Un camion de carburant c’est couché sur l’autoroute qui traverse Montpellier. Lost in translation dans le chaos du trafic matinal nous errons de rotondes en rotondes dans les méandres de la banlieue de Montpellier. Avec deux heures de retard nous atteignons le palais des expositions. La salle est lumineuse, spacieuse, efficace. Les Norvégiens sont sur les dents. Le Monopole d’état a lancé des appels d’offres concernant les vins du sud dont un concernant Belesta notre village. C’est donc un défilé de très bons professionnels qui se bousculent pour importer nos vins. Ronds de jambes ou volonté sincères de travailler avec nos vins ? Ou les deux peut être, à ce stade on n’en sait encore rien. Nos 2007, bruts de cuve, se goûtent plutôt bien.

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2e jour : Les Papis du Buena Vista Social Club me semblent avoir fait l’impasse sur le Millésime bio de cette année. De même que je n’ai pas encore vu l’homme au chapeau à la Ry Cooder qui nous avait été de si bon augure l’année dernière. Je commence à m’inquiéter quand apparaît au détour d’une allée un homme habillé d’une veste à franges du type Davy Crocket. Suivi de prés par une autre personne portant un Borsalino. Mes compteurs sont au rouge quand je regarde dans la direction de Lèia qui m’envoie un clin d’œil. Rassuré je traverse l’espace œnothèque qui mène au restaurant. Et quel restaurant, cette année les organisateurs ont vraiment frappé très fort avec une qualité que je n’avais jamais rencontré dans un salon professionnel.

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3e jour : D’ailleurs le qualitatif est cette année partout, en face de nous, Alain Chabanon, plus loin, Montirius, Tribouley, Laguerre, Python, Bedel, Canet Valette, etc.

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5e jour : A peine remis de millésime bio, Didier débarque dans notre cave avec sa famille d’insectes mécaniques pour la mise en bouteille des 2007. Bouchons trop gros, les Magnum de Papillons 2007 nous donnent des sueurs froides. Il faut raboter, limer, poncer. Tout finit par rentrer dans l’ordre mais nous avons pris du retard. Il est presque 23 :00 quand nous quittons la cave. Les machines sont retournées dans leur ruche. Le cliquetis démentiel de leurs mandibules mécaniques me poursuit encore dans mon sommeil. Avant de plonger, je remercie mentalement tous ceux qui ont accepté de nous accompagner jusqu’au bout.

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6e jour : Départ en train pour le salon de la Renaissance des Appellations d’Angers. Sur ma gauche un couple avec un chien dans un panier s’installe tranquillement. Confiant ou inconscient, je m’endors. Dans mon rêve, une raboteuse géante vient d’attaquer les machines de Didier et entreprend de les rectifier dans un boucan d’enfer. A mon réveil le Monsieur à ma gauche, voulant fabriquer une écuelle pour le petit chien dans le panier, vient d’attaquer un gobelet de PVC avec la scie de son couteau Suisse. Ce bruit diabolique m’oblige à me retourner vers la fenêtre. Nous traversons les étangs entre Narbonne et Perpignan. Cette image me replonge loin, très loin dans la nostalgie de mon passé. Où étudiant, je retrouvais ces belles racines de mon Pays qui devaient, plusieurs années plus tard nous emmener à faire du vin en Roussillon.

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7e jours : C’est ma première visite dans cette belle ville. Vers 7 :00 en ce dimanche je traverse la Maine pour me rendre aux Greniers Saint Jean. La brume est glaciale, la ville blanche et majestueuse s’éveille à peine. Dans les Greniers, c’est déjà le coup de feu. Stephane Tissot cherche désespérément un café et me signale qu’il est déjà en rupture de Clot de l’Oum. Ça tombe bien nous sommes aussi en rupture de ses formidables vins. Un nouvel échange est à prévoir. Marc Angéli, casquette vissée sur le front est au four et au moulin. Il rappelle gentiment aux vignerons du sud que les refroidisseurs ne sont pas destinés à être emporté. Je le remercie pour cette remarque affectueusement injuste. Il me répond qu’il est lui-même d’origine Corse.

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8e jour : Dans le métro entre la gare Montparnasse et la gare du Nord. Un vieux Monsieur sur le strapontin en face du mien. Parle un peu tout seul. A voix haute. Entre une mendiante. Elle présente sa situation familiale. Sans ressources, sans domicile, sans travail. Traverse le wagon dans la longueur pour récupérer quelques cents. Quand elle passe au niveau du Monsieur, dans un silence, il s’adresse à ce que je crois être moi. « Et si c’était elle qui avait tué son mari? » me demande t-il. Mais peut être que je me trompe. Peut être ne s’adresse t-il à personne qu’à lui-même. Après quelques considérations géopolitiques. Il s’éclipse dans un éclat de rire. Rythmé, dense et communicatif.

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Cette semaine un peu folle est maintenant terminée. Les 2007 sont en bouteilles et ne risquent plus grand-chose. Nous pouvons respirer quelques jours avant d’attaquer le suivi commercial des contacts que nous avons lié pendant ces salons professionnels. Même si le vin est un produit festif, il faut aussi le vendre et ces salons sont d’abord faits pour cela. Ce qui constitue un vrai travail et une casquette supplémentaire pour le vigneron qui en possèdent déjà une sacrée panoplie. Béret Basque, Barretina Catalane, casque à pointe, lequel choisir ? Mes compteurs sont repartis dans le rouge. Mais ça ne dure pas. Le vin est maintenant protégé. Nous pouvons continuer. Continuons.

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Millésime Bio 2009, Salon d’Angers, des nouveautés, des noms et un discours magnifique. 25/01/2009

Millésime Bio 2009, Salon d’Angers, des nouveautés, des noms et un discours magnifique.

Cette année nous serons à Millésime Bio du 26 au 28 janvier 2009 à Montpellier et le Dimanche 1er février au grenier Saint Jean d’Angers avec la « Renaissance des Appellation ».

Pour le salon d’Angers aux Greniers Saint Jean, c’est notre première participation qui fut conditionnée à la certification bio, à l’adhésion à la charte de la Renaissance des Appellations et à la sélection au cours d’une dégustation par le comité de sélection.

A cette occasion nous présentons nos vins du millésime 2007 incluant nos trois cuvées régulières, La Compagnie des Papillons, Saint Bart. V.V., Numero Uno, et deux nouvelles cuvées :

Une base de Carignan sur granit pur appelée GRANITO VIVO et notre blanc incluant des Grenaches Gris et du Carignan Gris maintenant appelé CINE-PANETONNE.

texte alternatifUn ami vient de me demander d’où me venait l’inspiration pour trouver des noms aussi horribles. En vérité je n’ai pas vraiment de mérites, le mauvais goût étant chez moi une seconde nature. Il y a quand même un goût qui m’importe plus que le nom, c’est le goût du vin qui est dans le verre et aussi la manière dont ce vin a été produit.

Toujours est-il qu’il faut bien donner un nom à ces vins que nous avons créés et pour cela j’aime autant qu’ils me racontent une histoire.

La Compagnie des Papillons, un jeu inventé par nos enfants. Un problème d’insectes, Nadia et Roger (noms de jeu) à la manière du Wolf dans « Pulp Fiction », accouraient et trouvaient des solutions. Parfois radicales.

Saint Bart. Vieilles Vignes, le nom de la plus vieille parcelle du Clot de l’Oum. Saint Barthélémy en réalité, carignans centenaires à 600 m d’altitude au pied d’une chapelle (en ruine) du 12eme siècle. Terroir de Gneiss et l’âme de ce vin.

Numero Uno, notre cuvée phare en souvenir de « l’Osteria Numero Uno » à Kreuzberg. Notre refuge préféré quand nous habitions Berlin. Un hommage aussi à l’Italie qui nous a tant inspiré pour créer nos vins.

GRANITO VIVO, le terroir de la base de cette cuvée de base Carignan. L’énergie, la fraicheur et la minéralité de ce vin à la fois profond et droit.

CINE-PANETONNE, en Italie le nom donné à ces films médiocres qui tous les ans, comme le panetonne, surgissent pendant la période de Noël. Notre blanc sort toujours juste après Noël et surtout on adore le panetonne artisanal. Et puis ce sont ces goûts de brioche, de pain sucré, de fruits confits, de mangues qui je trouve, se marient si bien avec ce vin (sec).

texte alternatifTous ces noms, ces histoires seront-elles de bon augure pour la présentation de nos vins à Millésime Bio et à Angers ? Je n’en sais rien. L’année dernière les « Papis du Buena Vista Social Club » combinés aux apparitions de l’homme au chapeau à la Ry Cooder avaient été de bons catalyseurs d’énergies positives. Toujours est-il que cette semaine à bien commencé. Je me disais cela mardi en lisant à mes enfants le discours d'investiture d'Obama. Bien sur mon fils (9 ans) s’intéressait plus à perfectionner son dribble appris l’après midi à son entrainement de foot. Mais ma fille (12ans) et moi en avions les larmes aux yeux. Utopique ? Peut être. Ou bien les filles seraient elles plus intelligentes que les garçons ?

On verra bien.

Aux dernières nouvelles, suprême indice de qualité, la Chine à censuré le discours d’Obama.

Nouveaux vins blancs en Roussillon

texte alternatifQuand j’ai raconté à David Schildknecht, responsable L.R. et Autriche pour le Wine Advocate de R. Parker, que notre blanc 2007 avait été refusé deux fois aux dégustations d’agrément de l’INAO pour « excès d’acidité », il a failli s’étrangler et réagi :


-These whites are world class wines.

Il a enchainé en qualifiant une telle décision d’insensée.

Son appréciation des « nouveaux blancs » du Roussillon se voulait plus générale et incluait les vins d’autres domaines soucieux de fraicheur et de minéralité comme : Matassa, Gauby, Pithon, les vins de Gilles Trouillé, etc. C’est devenu aujourd’hui presque une évidence mais il est à noter que tous ces domaines (incluant le notre) sont en agriculture biologique (et Biodynamie pour certains) et évoluent sur la zone du Haut Fenouillède pouvant procurer à la fois fraicheur et minéralité. Ses vins ont aussi pour caractéristique d’être élaborés avec des cépages traditionnels des vins doux du Roussillon, Grenache blanc/gris, Carignan blanc/gris, Macabeu, Muscat, etc…Mais vinifiés en vin sec avec un accent mis sur la fraicheur et la minéralité. Donc très loin des blancs secs dits typiques du Roussillon, mous, lourds, alcooleux et surtout… En voie d’extinction faute d’acheteurs.

Par contre ces nouveaux blancs du Roussillon se vendent très bien, dans le tiers supérieur des prix de vente des vins de caves particulières. Même si ces vins peuvent surprendre le dégustateur car comme le soulignait D. Schildknecht, ils ne ressemblent à rien de connu.

texte alternatifDavid semble fasciné par ces vins. Il me parle d’une région d’Autriche aux vins doux traditionnels mais où une poignée de vignerons se sont lancé dans les vins secs. Des cépages locaux. Noms oubliés. Un peu comme nos Carignans gris que nous allons sélectionner tôt le matin parmi une mer de Carignans noirs centenaires. De même les Grenanches gris, Macabeux, Muscats qui poussent en foule dans la belle combe du Berteil.

Dans ces conditions, difficile de répondre précisément quand on me demande la proportion de tel ou tel cépages dans nos vins. De manière surprenante, tel un organisme vivant complexe et autonome, ces cépages arrivent à maturité ensemble. Alors que les recueils ampélographiques donnent des dates totalement diverses. Travail bio, terroirs, climats, équilibres environnementaux ? Je ne sais. David me signale que Marcel Deiss en Alsace a constaté le même phénomène. Il rallume son dictaphone et s’empresse de noter cette information.

texte alternatifNous continuons la dégustation. Le 2006 commence tout juste à s’ouvrir. David me parle de la lenteur d’expression des grands blancs. Pour lui le 2007 à un plus grand potentiel encore. Cependant, réservé, presque timide il ne nous laisse entrevoir que des bribes de son avenir. Fin de bouche, la salinité est perceptible. Une sensation agréable, étrange, qui donne envie d’y revenir. David me parle de cette minéralité unique tout en murmurant une histoire mystérieuse à l’oreille de son dictaphone.

Nous passons aux rouges. David me semble satisfait par l’évolution de notre style. Energie, fluidité, digestibilité. Le travail en bio en nous permettant de cueillir un peu plus tôt à maturité phénolique égale à porté ses fruits. Notre nouveau Carignan pur granit 2007, l’inspire particulièrement. Le dictaphone tourne à plein régime. Un Canyon de minéralité baigné d’une brise délicieusement fraiche. Il se fait tard, David choisi trois bouteilles de la dégustation, le blanc 2006, Numero Uno 2006, Saint Bart. Vieilles Vignes 2004 et m’invite au restaurant.

Restaurant le Barathym à Perpignan. Le patron accepte gentiment que nous continuions la dégustation de nos vins sans supplément. Poêlée de saint Jacques et petits légumes, Feuilleté d’aubergine au chèvre fondant. Sur les deux plats, le rouge Saint Bart. 2004 gagne le match. De même sur les ravioles aux morilles. Par contre le blanc 2006 s’éclate sur les lasagnes de saumon et saint Jacques au jus de crustacé. Sur ces plats le Uno est moins à son aise. Pour David la Syrah est un cépage « carnivore ». Pas de viande, le Uno ne dansera pas ce soir.

texte alternatifDavid me raconte qu’en descendant de Calce la veille il a vu l’ombre de ceps centenaires défiler sous le pinceau rectiligne de la pleine lune. Dans le lointain, la silhouette imposante du Canigou se découpait nettement entre deux valons. Couchés, debout, couchés, debout. Telle une langue ancienne que nous ne comprenons qu’à peine, ces ceps nous racontent l’histoire d’un passé en devenir. Saurons-nous préserver les derniers survivants de cet héritage ? Saurons-nous traduire ces textes en paroles compréhensibles de nos jours ? Peut être ? Peut être ces nouveaux blancs du Roussillon sont ils une nouvelle lecture de textes oubliés mais à jamais vivants.

Ce fut la première dégustation à la cave avec David Schildknecht depuis qu’il travaille avec le Wine Advocate. Beaucoup de concentration de sa part mais aussi beaucoup de gentillesse, de simplicité et de disponibilité. Même quand il prenait ses notes sur son inusable dictaphone il est resté ouvert à mes questions. Bien sur il donnera son appréciation et cela nous permettra de mieux nous situer par rapport aux autres vignerons et peut être de progresser. Dans tous les cas c’est toujours un plaisir de recevoir un dégustateur exceptionnel à la cave, riche en enseignements et suffisamment rare pour ne pas bouder son plaisir. Merci David pour nous avoir fait l’honneur de ta visite et bonne route.

Un jour de septembre au Clot de l'Oum

Un jour de septembre au Clot de l’Oum.

texte alternatifLe jour se lève à peine. Il fait 12°, deux de moins qu’à Perpignan. Nous sommes en altitude. Charles et les frères 4L _ils sont pas frères mais s’appellent tous deux José et possèdent chacun une 4L fourgonnette beige et bleu d’avant le phylloxéra_ ont pris les choses en main. Charles comme à son habitude est d’une humeur exécrable _Il à très bon cœur, mais en vendanges il stresse et le matin c’est pas son truc_

Quelques nappes de brumes lézardent encore dans les parcelles. Un couple de perdrix manque de déjanter dans une sortie de virage en épingle. L’air est frais. Le silence apaisant. Les grappes sont glacées, noires bleutées. La racine de la tige est déjà marron. Le pinceau de pulpe que laisse le grain qu’on arrache est parsemé de fils noirs et droits comme des fibres de carbone. La peau forme une purée fine quand on la mâche. Le pépin vire de l’orange au marron et craque sous la dent comme un grain de cacao bien mûr. La pulpe est fraiche, fluide et fine. Le fruit est à l’apogée de sa dynamique.

Charles prend ses airs de matamores et foudroient quiconque à la mauvaise idée de cueillir une grappe abimée. En réalité ses airs de méchant ex talonneur du XV de la Palme ne font plus trembler grand monde mais ça reste quand même une bonne entrée en matière pour la suite.

texte alternatifCar la suite se profile déjà à l’horizon proche de la parcelle. C’est le moment que choisie « Dona Lua » pour intervenir. Là ça commence à devenir plus sérieux. Directe et précise, les petits arrangements entre amis que tolérait encore Charles, ne marchent plus. On passe de la grappe au grain, de la vue d’ensemble au détail. Le temps des arrangements est bel et bien épuisé, fini, over, terminado, kaput.

Nous raccompagnons les deux premières palettes de cagettes à la cave. Le raisin est propre, sain, la table de tri ne se justifie pas. Cagettes après cagettes l’égrappage commence. La peau est fine, le jus s’écoule déjà suffisamment par la plaie de rafle. Je ne vois pas la nécessité de fouler. Dona Lua est d’un autre avis. Certains grains d’une partie moins précoce de la parcelle sont plus fermes et cette année le jus est rare. Elle voudrait en fouler une vingtaine cagettes. On coupe la poire en deux à dix. La benne basculante se remplie. Noirs, mouillés, comme des perles sombrent sorties de leur eau protectrice, les grains scintillent dans la lumière rasante.

Je viens de sauver une coccinelle de la noyade. Un couple de perces oreilles appelle à l’aide. Le tamis les emporte vers le poste de secours. Broussaille inextricable qui telle une cathédrale, les accueille glapissant de bonheur. L’élévateur emporte la benne qui bascule dans le vide. La chute des grains résonne en moi comme une promesse de plaisirs. La cuve se remplie. Dés qu’ils sont accessibles, Lèia écrase doucement quelques grains, un touché délicieux et sensuel qui s’il n’est pas d’un effet décisif sur le vin final, lui permet de s’imprégner au plus prés de la nature du fruit de cette année.

texte alternatifToutes ces informations sont précieuses. Ce sont elles qui nous fourniront les clés de lecture du millésime. Sans ces clés, pas de décisions avisées, pas d’adéquation avec les caractéristiques de ce raisin cueilli aujourd’hui à Belesta, Roussillon, Fenouillèdes, ce jour de septembre 2008.

La journée avance, Charles commence à être plus relax. Les cuves se remplissent et l’heure du casse croute approche. Nous en profitons pour déguster certaines cuves en fin de fermentation. Cette dégustation sur le repas, parce qu’elle correspond à un moment de détente et qu’elle met en perspective les sensations de dégustations grâce à l’accord mets vin, nous fournie des informations supplémentaires précieuses sur la conduite des fermentations.

La journée avance, les frères 4L et Charles viennent nous appuyer pour le grand nettoyage. Cagettes, égrappoir, bords des cuves, benne basculante, élévateur, sols, sont lavés et désinfectés. Qui se prendra le jet d’eau dans le dos ? lorsque la connexion réputée 100% sure, lâchera. Les frères 4L, Dona Lua, Charles ? Non c’est moi. Mouillés, vannés, cassés, nous remplissons les dernières fiches de suivi. Un dernier coup de râteau sur le sol, nous remercions tous le monde. La lumière s’éteint.

texte alternatifDans l’air fraichissant, nous nous asseyons un moment, les pieds suspendus au bord de la plateforme. Une nappe de brume bleutée, recouvre déjà la plaine du Roussillon d’où s’élève, pâle et droite, la fumée de quelques feux. Le vent s’est calmé. A l’ouest la masse rassurante du Canigou nous fascine toujours autant. Le sommet ourlé d’orange savoure ses derniers rayons de soleil visibles. A l’est, sombre flaque de carbone liquide, la mer s’endort.

The taste of wine to come

texte alternatifC’est presque devenu une tradition à la maison. Tout au long de l’année qui précède un nouveau millésime. Nous discutons sur le vin que nous avons envie de faire aux prochaines vendanges. Quel sera son style, son degré de maturité tannique, son acidité. Son corps, sa concentration. Cueillerons-nous tel cépage de telle parcelle aussi tôt que l’année dernière, ou aussi tard qu’il y a deux ans ? Rechercherons-nous un fruit plus présent ?

Cela se passe souvent dans notre cuisine. En préparant le repas ou en dégustant un verre de vin. Ce vin que nous avons dégusté chez des copains ou au club de dégustation. Trop mûr, manquant d’acidité, sans énergie ou bien, équilibre parfait, minéralité, acidité, fruit, tanins. Dynamique, énergie, présence. Cela dure un an d’une vendange à l’autre et surtout cela n’a pas de fin. Parce que notre goût, celui de la société, sont en évolution. Parce que chaque millésime est unique

texte alternatifSouvent on nous pose la question: mais enfin, c’est bien la nature qui décide de la qualité du millésime ? Oui et non. Oui, pour les caractéristiques générales du millésime que l’on peut souvent sentir dans le goût des fruits locaux de l’été précédent les vendanges, précocité, concentration, potentiel de maturité, complexité, aptitude à une maturation complète. Non, pour la date des vendanges (et c’est déjà essentiel), pour le choix d’une des maturités à l’intérieur du plateau de maturité phénolique. Juste mûr, juste bon, juste sur mûr. Non aussi pour le style de vin. Oui et non pour la qualité et le force de l’acidité. Un peu plus « non » peut être pour la qualité de l’acidité, parce qu’elle me semble plus déterminée par le type de travail en amont dans les vignes. Avec un avantage indéniable pour le travail naturel, bio, ou bio d. Un peu plus « oui » pour la force de l’acidité qui est inversement proportionnelle aux courbes de maturité.

Chez nous la discussion sur le goût du vin à venir est souvent sportive :

texte alternatif

Elle : Et les fruits, tu les as goûté les fruits de l’été 2006 ?
Lui : Oui et alors ?
Elle : Et alors c’était une qualité d’acidité, un équilibre, une énergie inégalés. Cette année ne compte pas refaire la même chose.
Lui : Bon on ferra ce qu’on pourra. C’est pas la peine de stresser à 3 mois des vendanges. Au fait j’ai lu un truc super sur le blog du Champ des Treilles. Il parait qu’ils goûtent les fleurs de la vigne et même les feuilles pour faire la différence entre les cépages. C’est super non ?
Elle : Super, ouais, au moins ils font un truc ensemble, eux.
Lui : Bon tu vas pas recommencer, les vins, nos vins, jusqu’à aujourd’hui on les a pas fait ensemble peut être ?
Elle : Oui mais on aurait pu faire mieux. Et le Grenache alors ?
Lui : Quoi le Grenache.
Elle : Tu sais bien que c’est pas évident d’en déterminer la juste maturité phénolique.
Lui : Oui je sais, la sensation n’est pas linéaire comme dans la Syrah.
Elle : C’est pas ça que je veux dire. En 2005 on aurait pu attendre un peu plus.
Lui : Et en 2001 c’était un peu trop.
Elle : D’accord mais sur la parcelle de « Pelut » à 500 mètres d’altitude c’était parfait. L’idéal ce serait de cueillir les Syrah un peu plus tard qu’en 2006. 2007, voilà le point. Les grenaches un peu plus tôt qu’en 2006 et un peu moins tard qu’en 2007. Et les Carignans…
Lui : Quoi les Carignans ?
Elle: Les Carignans, ils sont exceptionnels une fois tous les 5 ans. Le reste du temps c’est moyen plus.
Lui : 2007 c’était gégène. L’année du Carignan.
Elle : Tu vas pas écrire ça sur le blog non ?
Lui : Je vais me gêner.
Elle : Chaque fois qu’on discute d’un truc il faut que tu le cries sur les toits.
Lui : Mais enfin, tu sais très bien qu’il n’y a pas de secret.
Elle : M’en fout. Prends exemple sur un tel, vigneron à Sainte feuille les vignes. Pas un mot. Rien, niks, nada. Une tombe.
Lui : Tu parles d’une ambiance d’enterrement.
Elle : Tiens, goûtes moi ça. Maintenant bois une gorgée de Saint Bart.
Lui : Je préfère le UNO.
Elle : C’est pas la question. Tu sens l’harmonie. L’accord parfait.
Lui : …
Elle : Alors ?
Lui : C’est beau. Y a pas de la coriandre dans la sauce ?
Elle : Y en a.

texte alternatifAinsi va la vie. Je ne sais pas si nous arriverons à faire exactement ce vin qui est déjà dans nos tête mais dont le fruit n’est pas encore cueilli. Si les énergies des dolmens de Belesta nous pousserons un petit peu ou si le vent nous engloutira. Si après une longue journée de vendanges, de travail à la cave, nous aurons encore la force de nous asseoir un moment sur le bord de la plateforme devant la cave à contempler le ciel si pur du Roussillon. L’éclat familier du phare du cap Béar, l’ombre imposante du Canigou, l’encre grise du bois de chênes verts et celle plus noire du bois de pins qui mène au col de pierres blanches. Je ne sais pas. Mais j’aimerais bien.

Elle : Tu sombres dans le gagatisme nostalgique ou quoi ?
Lui : …
Elle : Et mon accord parfait ?
Lui : Il est parfait. Et si on continuait ?
Elle : …Continuons.


Et toujours valable, notre offre Primeurs 2007 : IcI

Offre de vente en Primeurs millésime 2007, réservée aux paticuliers

texte alternatifAprès un Millésime 2006 caractérisé par une fraîcheur de qualité exceptionnelle (pas seulement pour les raisins mais pour les fruits en général), 2007 réintroduit un peu du caractère Méditerranéen qui s’était légèrement estompé au cours des deux Millésimes précédents.

Paradoxalement, le printemps a commencé de manière compliquée comme un peu partout en France. Des alternances de pluie et des températures moyennes relativement basses ont accentué la pression du mildiou comme rarement en Méditerranée.

Toutefois cette pression est restée totalement gérable, grâce à l’ensoleillement, 215 h. 234 h. 226 h. respectivement en avril, mai et juin, pour 80 ; 47 ; 6 mm de pluie. Mais aussi grâce à notre vigilance et l’expérience accumulée en pratiquement 10 ans de travail naturel à Belesta.

Contrairement aux diverses annonces faites à l’époque, les domaines en bio du Roussillon s’en sont plutôt bien tiré et avec à peine 2kg de cuivre par hectare (6kg autorisés), soit le double de nos doses habituelles, nous considérons, qu'à la lumière de la pression exceptionnelle de 2007, nous sommes restés circonscrit à une utilisation raisonnable et maîtrisée.

En conséquence, nous n’avons pas cédé à la panique et sommes en mesure de vous proposer des vins exempts de pesticides. En toute transparence et avec la garantie que constitue la certification.

Au final, des mois de juillet et d’août relativement secs et un léger effet de foehn au début du mois de septembre ont achevé de produire des vins ayant une profondeur, une matière fluide et un fruit d’une dynamique exceptionnelle que nous n’avions encore jamais rencontré auparavant.

Eric et Lèia, à Belesta le 01/06/2008

Pour obtenir le formulaire complet incluant la tarification, merci de nous contacter par courriel à: emonne@web.de Offre valable jusqu'au 31/08/2008

La Mer

texte alternatifCe texte a été publié dans le rubrique "carte blanche à"... de LPV le: 24.04.2008

Quand j’étais gamin à Perpignan, tous ceux qui n’étaient pas Catalans étaient appelés « Gavatch » (prononcer Gabatch ). En gros, tous ceux qui avaient eu le « malheur » de ne pas naître dans l’ancienne Catalogne des Rois de Majorque. Un jour j’ai lu dans « le vin bourru » de Jean Claude Carrière que du fin fond de son village des Cévennes, étaient appelés « Gavatch », ceux qui venaient d’au-delà des montagnes, du Massif Central. Des genres de sauvages, semi nomades, vivant à demi nu, bourrus et peut être bourrés, ne se déplaçant que pour venir s’empiffrer des richesses des « non Gavatch ». Depuis ce jour, je me suis dit que nous étions toujours le « Gavatch » de quelqu’un d’autre qui lui-même devait bien être le « Gavatch » de quelqu’un. Et qu’il n’y avait vraiment aucune raison de se sentir supérieur ou meilleur pour être né quelque part. Toujours est-il que c’est à Belesta de la Frontière (L’ancienne frontière du Royaume de Majorque avec le reste) que nous avons décidé de faire notre vin. Non pas pour une quelconque raison identitaire ou géologique (du moins ne le savions nous pas à l’époque) mais pour des raisons d’émotion esthétique. Nous nous disions que faire du vin étant une affaire d’inspiration, les paysages de cette partie des Pyrénées seraient à même de nous fournir la petite étincelle, le petit grain de folie, la volupté qu’il faut pour entreprendre un tel projet.

texte alternatifQuelques années ont passé et je me demande aujourd’hui quel est le rapport entre les paysages exceptionnels du Roussillon, notre goût pour la nourriture issue de produits naturels, la Méditerranée et les terroirs du Fenouillèdes (zone correspondant à l’AOC Côtes du Roussillon Villages). Ça paraît tangentiel mais bon, puisque Jérôme m’a demandé d’écrire un truc dans « carte blanche de LPV », accrochez vous aux sarments, on est parti.

Un plat de betteraves crues, râpées, des carottes, du fenouil, du sel, de l’huile d’olive, des olives noires, de la Feta. Des produits bio. Du poisson cuit au four sous un filet d’huile d’olive, du riz blanc cuit à la Japonaise. Ce repas, ultrasimple, résume à lui seul une bonne partie de notre envie de faire un vin qui lui ressemble. Un vin sans artifice. Issu d’un terroir naturel. Travaillé naturellement et pourquoi pas, dans un site exceptionnellement beau.

Simple et sincère parce que dépouillé du superflu. Cela va du produit final, en passant par l’élevage, absence de bois neuf, d’acidification, de filtration plus que nécessaire, d’ajouts en tout genres, invasifs, n’apportant rien à la lecture d’un terroir grand déjà par lui-même.

Un pot de thym acheté dans une jardinerie aux Pays Bas. Je repense au thym qui borde nos parcelles sur les granits de Belesta. Subtil, fin, minéral. Et l’image du terroir rejaillit. Cette pureté ne peut exister qu’en se concentrant sur l’essentiel, l’indispensable. Dans ce cas, un sol, pauvre, acide, mince, ascétique. Un peu d’eau et de soleil. Ne peut-on pas voir dans la recherche de cette épure qui nous ramène au plus complexe et qualitatif des parfums, la même quête dans le vin ?

texte alternatifEn bordure de ce petit morceau de garrigue ou de maquis il y a le paysage. Quoi de plus inutile et en même temps indispensable au terroir que ces paysages rudes et rugueux du Roussillon. Dans le train qui me ramène de Toulouse où étudiant, je terminais mon stage de fin d’études, nous traversons les étangs au sud de Narbonne. Comme dans un film de Miyazaki, le train court sur une mince bande de sable rectiligne, entourée d’eau salée. C’est à c’est endroit que Trenet à parait-il imaginé sa chanson « la mer ». La nuit va bientôt tomber et l’on aperçoit dans l’étang le reflet du Canigou enneigé. Le ciel, tailladé de traînées rouges et de minces filets de nuages zigzagant, me rappelle que la Tramontane a soufflé fort ces derniers jours. Sous mes pas je ressens le craquement familier des débris de coquillages que nous ramassions, enfants, sur les rivages de l’île de la tortue.

texte alternatifA condition de se tenir aussi éloigné que possible des chauvinismes les plus abrutis, ces paysages sont aussi source d’inspirations. En tous cas pour ceux qui le désirent. Car ils n’appartiennent à personne. Un vent chaud, sec comme la pierre, au détour d’un chemin. Un branche de thym ancienne. Une feuille de figuier naissante et craquante. Un piquet d’acacias. Un bosquet de ronces. De roseaux ou de joncs signalant la présence d’eau. Une mure, une arbouse, une figue fleur, un cerisier, le reflet argenté d’un olivier. Un paysage minéral et parfumé. Où la vue porte loin. Un sentiment de commencement du monde, d’univers en mouvement, ralenti par l’immensité. Peut être ce que l’on ressent dans le désert. Comment ne pas avoir envie d’y faire du vin. De le choyer sans l’abuser. Puisque l’énergie est là. Cette énergie que l’on retrouve aussi dans le vin de ces terroirs de granit, de Gneiss, de Schistes, de ces Grenaches, ces Carignans centenaires.

texte alternatifBien sur, il n’y a pas encore (ou presque) de tradition de grands vins et l’ambition d’en faire est récente. Le travail en bio y est peut être un peu plus « facile » qu’ailleurs _encore le sec_ mais les rendements sont alors si faibles _toujours le sec_ qu’il est difficile d’y produire à bon marché. L’absence de notoriété est un handicap sérieux pour la commercialisation et j’envie parfois les collègues vignerons d’appellation plus connues qui semblent moins courir après la reconnaissance.

Pourtant ce terroir est exceptionnel. Complexe, fin, puissant, frais, minéral, subtil et varié. Est-ce réellement une surprise ? La Méditerranée est l’un des biotopes les plus riches en biodiversité. Biodiversité complexité, complexité biodiversité. Cette mer est le médiane, la mer du milieu des terres. Du milieu et peut être de l’équilibre. Equilibre de tensions, de goûts, de saveurs parfois antagonistes, qui unissent le vin et que le vigneron doit rendre visible. C’est pour cela qu’un terroir libéré du superflu est important pour remettre en perspective les tensions et seulement elles. Ensuite l’équilibre est une question de doigté, de concentration, de rigueur et parfois de chance aussi.

texte alternatifAlors, qui sommes nous ? Des « Gavatch » ? Sans doute le sommes nous devenus ou bien l’étions nous déjà avant. Des mélanges, des passionnés, des garagistes sensibles et beaucoup des vignerons, vigneronnes, de la nouvelle vague du Roussillon le sont aussi. Aiguillonnés par l’ambition de faire bien, de faire beau, de sortir de la médiocrité. De s’approprier pour un instant ces paysages sans les trahir, sans les ternir. De retrouver le goût du bon, du simple, du vrai.

Pour se procurer nos vins à la propriété ICI

15 ans plus tard, retour à Treviso et l’art de faire du vin.

texte alternatifIl y a 15 ans nous avons vécu 3 mois en Italie. Piazza Santa Maria dei Batuti à Treviso dans le Veneto. Nous y avons appris le goût et la simplicité des produits frais naturels, préparés sans artifices, se suffisant à eux même. La pizza battuta de Montebeluna, couverte de ruccola et de pomodori freschi. Les huiles d’olives de la Liguria, subtiles et douces. Les Brunello de Montalcino. La polenta de la tratoria Toni del Spin, via Inferiore. Les pâtes fraîches de la fabrique « bottega del tortellino » via palestro. Le goût amer du Radichio de Treviso.

Parfois en fin d’après midi, en retournant du travail nous nous arrêtions chez notre amie Franca. Subitement elle décidait de fermer sa boutique et nous allions boire un prosecco chez Oscar au coin de la rue. La taverne était grise et poussiéreuse, les petits plats toujours identiques mais Oscar était très doux et le prosecco bien frais. Franca fumait cigarettes sur cigarettes, son humour et son énergie illuminaient l’antre d’Oscar. Quand un orage faisait éclater les gouttières, Oscar pris de panique, se précipitait sur son « spani spongi » pour endiguer le flot noirâtre qui descendait du plafond. Franca, un moment déstabilisée par le réveil d’Oscar, reprenait de plus belle en piochant dans une assiette de « Mortadella ».

texte alternatifEn fin de semaine nous retrouvions Miriam et Dario. Nous avions connu Miriam par Franca, elle donnait des leçons d’italien à Lèia. Moi dans mon coin je bossais sur Assimil. Nous allions à Venise voir une exposition de Guardi, visitions la Filanda, une ancienne filature reconvertie en pépinière d’architectes, publicistes (Benetton n’était pas loin), où Dario avait créé son studio d’architecture et planifiait la rénovation. Parfois nous allions à l’auberge de San Martino dans les collines. La cuisinière nous expliquait que le secret de la complexité du goût des Pâtes aux champignons était lié au mélange d’au moins trois variétés. C’est aussi ce que nous constatons sur notre terroir de Belesta. C’est ce mélange de notre bonne trentaine de parcelles isolées dans la garrigue sur des niveaux d’altitudes et de roches différents qui donne cette complexité à nos vins. Le patron, grand amateur de vin, remontait une bouteille de Banyuls de sa cave pour accompagner le dessert au chocolat. Dans un coin de la salle un groupe de gamins du village fabriquait une lampe « design » avec du fil de fer et des matériaux de récupération pour l’offrir à la patronne en l’honneur de son anniversaire. En semaine, Lèia préparait quelques sushis qu’elle avalait avec Miriam sur un des rares ponts sans parapets de Venise. A cette époque déjà, nous rêvions de faire du vin.

texte alternatifAujourd’hui, Miriam et Dario ont 2 enfants. Le studio de Dario est toujours situé à la Filanda. Franca vit avec Augostino à Conegliano où ils tiennent une pharmacie. Franca soigne plus les vieux par la chaleur de son accueil que par la quantité de médicaments qu’ils emportent chez eux. Et Augostino le pharmacien, remplaçant un peu Oscar, sert des prosecco aux habitués de passage. Le vin dont nous rêvions est devenu « Numero Uno », du nom de notre Osteria favorite dans le Kreuzberg du Berlin d’avant le mur où nous habitions autour de cette période et en l’honneur de la cuisine italienne que nous avions tant aimé à Treviso.

15 ans plus tard, nous retrouvons nos amis. Pour la première fois depuis 25 ans le vent glacial de Trieste souffle sur Venise . C’est du moins ce que dit Dario. Pour oublier le froid il m’entraîne au « Big Boy », le café des amateurs de Rugby. 7 écrans, bière au litre, « Grissini », piliers, talonneurs, arbitres, au moins 10 équipes complètes sont réunies dans cette salle. L’Italie joue contre la France et à Treviso on ne plaisante pas avec les grands rendez vous. Ça va barder. D’autant plus que chacun à son opinion sur la manière de procéder. Devant la carrure de l’ancien talonneur qui me précède, il me semble bien avisé de me rallier à son avis sur la question.

texte alternatifEn passant par la « bottega del tortellino », la patronne nous reconnaît et fait goûter aux enfants un délicieux tortellini cru au « radichio » et à la « ricotta ». Ces petites pâtes, diaboliquement subtiles et simples nous ramènent dans notre histoire et nous mesurons combien ces 3 mois passés ici il y a 15 ans, ont été source d’inspiration pour notre goût et pour le vin que nous voulions faire. De cette petite amertume en finale, dues aux antioxydants de certaines huiles d’olives très fraîches qui nous surprenait au début. Et qui pourtant était si délicieuse avec les salades fraîches du Veneto. Les recettes que nous enseignait la vendeuse du marché aux poissons, «linguine alle vongole », « fettucine al nero di sepia ».

texte alternatifC’est peut être tout cela qui est fascinant dans l’art de faire du vin. Une synthèse d’influences, de rencontres, de racines. Les miennes, catalanes, cuisine de sel et d’huile, simplissime et fruitée, paysanne et ultra méditerranéenne. Légumes cuits au four arrosés d’huile d’olive, escargots au sel et aux herbes, bien secs et parfumés. Boudin noir grillé aux sarments (du Clot de l’Oum, s’il vous plait). Lactaires délicieux irrigués d’huile d’olive et retournés sur le grill. Celles de Lèia, brésilienne pour la connaissance du fruit, japonaise pour la rigueur, le goût du produit par lui-même. Nature et pur. Et finalement cette influence italienne. Notre grain de folie, notre liant et notre source d’inspiration. C’est aussi ces rencontres joyeuses, des lectures, des films, une langue mélodique, aux accents toniques fous. Que nous retrouvons peut être dans nos vins. Des fruits bien frais. Du frais de qualité. Des tanins polis mais pas timides. De l’énergie et beaucoup, beaucoup de chance.

Les derniers jours de l'enfance

texte alternatifMise en bouteille des 2006,

Cela semble commencer un matin. Un beau matin de février. En réalité tout a commencé peu après la récolte 2005, aux premiers coups de sécateurs de la taille des futurs 2006. Et finalement c’est l’enfance de ces 2006 qui se termine aujourd’hui. 22 Février 2008, jour de mon anniversaire. Faut-il y voir un signe particulier ? Je n’en sais rien, depuis le départ du Buena Vista Social Club (vous vous souvenez, les papis de millésime-bio ?), les signes n’ont plus la même saveur. Qui sait si leurs fantômes ne hantent pas encore le palais des expositions de Perpignan ? Repartis bille en tête vers des histoires de plus en plus ésotériques.

texte alternatifToujours est-il que Didier vient de débarquer avec ses machines genre « Transformers ». Je sais, c’est un film extrêmement mauvais mais je ne vois pas d’autres images pour qualifier les insectes de métal géants qui balayent frénétiquement le mur de lumière solaire qui inonde maintenant la cave assoupie.

Les machines se mettent en place. La rinceuse toujours aussi palmée. La pauvre est née sans roue. Sans l’aide du chariot élévateur, toujours aussi serviable, elle ne pourrait même pas descendre de sa remorque. L’eau bouillante rince un peu tout. Ça fume. On goûte le blanc. Didier affine ses réglages. Tout le monde est en place. On enfile les gants. Un dernier coup de chiffon sur la tablette de réception des bouteilles finales. Lèia répète qu’elle n’acceptera aucune marque de doigts sur les bouteilles et qu’au début un coup de tissus papier avant fermeture des caisses, ne peut pas faire de mal. Au garde à vous, je me demande si les machines ne vont pas se saisir de ma femme pour l’entraîner dans un maquis. Silencio. Quelques hoquets de métal et d’air comprimé, des bruits de frottements, de verre sur métal, verre contre verre, air contre liège, étain conte liège, verre et métal. C’est parti.

texte alternatifNous sommes partis pour 12500 bouteilles, cinq cuvées différentes et 12 bonnes heures de Samba Reggæ tendance Olodum de Salvador. Après, le vin en aura fini de ses années d’enfances. Il pourra partir vivre sa vie de vin en bouteille sans nous. De Portland à Tokyo en passant par Londres et Chicago. Une vraie vie de bon vin. Bien sur de temps en temps il faudra se déplacer pour expliquer. Raconter comment de bons raisins cultivés biologiquement sur les hautes pentes de granit de Belesta ont donné ce jus si frais si minéral. Comment il a fallut lire le millésime 2006 pour en arriver là. Et puis finalement comment après 15 mois de boulot en barriques usagées il a bien fallut s’en séparer. Et aujourd’hui, il est là, bien droit, dans son nouveau costume vert tout neuf, tout fier, tout propre. texte alternatif On sait qu’il ira loin. On a confiance en lui.

Nous abaissons l’interrupteur général. Nous entendons encore le bruit des machines qui s’éloignent dans la nuit. La rinceuse a encore faillit se casser une patte au chargement. L’air est frais, limpide et fluide. Comme ces vins de 2006. Nous le respirons goulûment une dernière fois. Heureux, vannés, confiants. Nous rentrons chez nous.

NB : Une cuvée que nous n’avions plus faites depuis longtemps, Numero Uno 2006 pour la première fois en dessous de 13° alc./vol., 12°8 réels. Et une nouvelle cuvée : Clot de l’Oum Blanc 2006, en gros, grenache gris et carignans gris. Que l’on peut se procurer, tant qu’il y en a (et il y en a peu), ICI

Minéralité, énergie, fraîcheur… Fruit, si affinités

Ceci est la réponse à une question de David Schildknecht sur l'existence d'une spécificité aromatique, gustative ou structurelle des cépages grenache et carignan sur sols granitiques, de gneiss et schisteux. Si cette spécificité existe pourrait-on mettre en lumière la manière dont chacun de ces trois sols influencent le fruit, la structure ou le parfum de vins issus de ces terroirs.

Um pouco complicado, nicht wahr?

texte alternatifNous sommes dans un cercle de 3 km autour de Belesta. L’altitude varie de 300 à 600m. Les sol varient d’est en ouest, de la fin du schiste de la zone de Montner/Força Real/Caladroy qui marque le début de l’appellation Caramany à l’intérieur des Côtes du Roussillon Villages. Aux granits descendant vers Ille sur Tet et Montalba. En passant par une zone intermédiaire de Gneiss d’altitude. Les vignes sont travaillées depuis 10 ans en mode organique. Le granit se présente sous une forme caillouteuse très blanche en altitude et se transforme en sables granitiques pour les parcelles les plus basses. Le Gneiss est généralement granuleux parsemé de cailloux en décomposition. Le schiste est presque toujours un micaschiste du genre concassé. Pour les argiles, je n’ai pas de données disponibles. Il nous faudrait creuser des fosses sur la trentaines de parcelles (0,5 ha en moyenne) qui constitue la propriété. La végétation semble présenter une plus grande biodiversité sur les sols granitiques, surtout les arènes. Chênes pour les schistes et gneiss. Végétation plus basse et plus typiquement méditerranéenne, pins, lavande, thym, etc… pour les granits.

Parcelle de Maury (la seule n’appartenant pas à la zone Belesta), Grenaches d’environ 60 ans d’age, exposition Nord, labour à la mule, schiste sur socle de calcaire. On observe des vins possédant moins de minéralité, plus puissants, aromatiques, fluides, complexes, chauds, veloutés et possédant moins de finesse que les vins de nos parcelles plus hautes de Belesta surtout les gneiss et granits.

texte alternatifParcelle de « Julia », Belesta, 300m, schistes, grenaches et carignans 40 ans. Exposition sud. De la puissance, un peu de lourdeur, matière très dense, moins de minéralité, moins de finesse. C’est la dernière parcelle de carignans et de grenaches noirs sur schistes que nous gardons sur Belesta. Sur les autres, seuls les cépages gris (grenaches et carignans) ou blancs (grenaches, macabeu, muscat) ont été conservé. En blanc, paradoxalement nous recueillons une grande minéralité, fraîcheur et salinité. Notamment sur la combe schisteuse du Berteil. Cirque oblong, planté de grenaches gris et blancs de 60 ans. Paysage très côte Vermeille (Banyuls), exposé ouest, altitude 350m.

En remontant vers le nord en direction des « Planals » à 500m d’altitude. Gneiss, exposition sud et pentes assez inclinées. Syrah de 30 ans et 10 ans. « Planals de Nagello », la parcelle la plus vieille (au dessus) donne des vins plus tanniques, élégants, structure granuleuse accentuée, complexité. La parcelle la plus jeune (du dessous), structure granuleuse fine, moins tannique, fraîcheur et énergie.

texte alternatifUn peu plus haut (550m) toujours sur des gneiss, nous arrivons aux « Planals », plein nord, qui surplombent le barrage de Caramany. Les carignans de 60 ans, donnent des vins d’une extrême finesse, plus minéraux, équilibrés, à faible teneur d’alcool, complexes, au corps léger mais ferme et fluide.

Toujours plus haut à 600m, la vigne de « Saint Barthélémy » au pied de la chapelle du XIII siècle du même nom. Abrite nos plus vieux carignans (100 ans). Les vins sont fluides, plus tanniques, rectilignes, un peu moins minéraux, ouverts, persistants. La structure est aussi granuleuse mais plus fine qu’à « Nagello ».

Nous redescendons vers l’ouest, dans le cirque de granit de la zone du Mas. Altitude 500m. Carignans de 50 ans. Exposition sud ouest. Blancs cailloux de granit très pur. Vins minéraux, sans aspérités, froids à l’acidité qualitative. Sur la parcelle adjacente, plus pentue, plus blanche, plus froide, syrah de 30 ans. Les vins ont une structure fine, longiligne, sont très minéraux et complexes.

A l’opposé, plus haut sur les pentes du cirque. 550m, nord-est. Grenache pelut, 40 ans. Finesse, minéralité (moins que la syrah et le carignan), plus de fruit, plus d’acidité, matière fluide.

Toujours plus bas, en suivant la grande veine de granit qui descend sur Ille sur Tet. 400m, les grenaches de la Soubaille. 35 ans, arènes de granit. Sur la rive droite de la rivière, à sec, presque toujours. Droit, minéral (moins que sur la zone du Mas), fin et souvent chaud.

texte alternatifSur la rive gauche de la rivière sèche, zone des Bades. Syrah de 30 ans. Structure très fine, fluide (très Côtes du Rhône septentrionales), minéralité, fruit subtil, grande persistance et énergie extrême.

Après plus de 10 ans d’expérience sur les gneiss, schistes et granits de Belesta. Sur une grande amplitude d’altitudes différentes, des orientations très multiples, trois cépages, trois types de sols principaux et des sous groupes dus à la granulométrie variable. Il est encore très difficile d’établir des caractéristiques d’interactions moyennes et communes entre les sols, l’orientation, l’altitude et les cépages. Tant les situations de chaque parcelle sont uniques dans cette zone de « convulsion » pré pyrénéenne. texte alternatif Si nous devions quand même essayer de donner notre sentiment sur la question, nous dirions : que l’altitude est semble t-il un facteur prépondérant, que syrah et carignan donne des vins que nous préférons sur gneiss et granit par rapport au schiste. Plus d’énergie, de rectitude, de minéralité. Ces facteurs étant encore amplifiés par l’augmentation de l’altitude. Les grenaches restent, à un niveau moindre (peut être du au sucre plus abondant) dans la même lignée mais n’atteignent pas la puissance aromatique des grenaches du terroir de Maury. Peut être sont ils handicapés par leur finesse qui leur confère une apparence plus discrète et subtile.

"In and out" à Millésime-bio 2008

Dimanche 20 Janvier 2008

texte alternatifDans les vignes à Belesta. Escalibade, sashimis de saumon, carpacio de mangue et avocat. « Butifara » (boudin noir) catalane grillée. Betteraves, persil, citron, huile d’olive, tout bio. Riz blanc, cuit à la japonaise. Vins frais. Il fait 22° à l’ombre. Sous le haut vent du casot qui nous abrite nous apercevons à l’ouest, le Canigou enneigé (faiblement) et à l’est les roches bleutées du cap Béar qui s’évaporent dans la mer. 3 mois qu’il n’a pas vu le soleil, Ole (notre importateur Danois), n’en revient toujours pas. Il scrute le soleil qui maintenant commence à s’affaisser sur les Pyrénées lointaines, comme si c’était la première fois. La nuit vient de tomber. Surgi du néant, après une heure d’errance dans les collines du Fenouillèdes pour cause de carte découpée, Laurent Mélotte vient d’arriver. Nous goûtons rapidement, fermons la boutique et replongeons dans le noir.

Lundi 21,

texte alternatifAu numéro 1 des allées du palais des expositions de Perpignan où pour la première fois se déroule Millésime-bio, nous nous installons. La salle est spacieuse, propre, moderne. La température est bonne. Chacun dispose d’une table identique (grande). Longs « Jéroboams » embouchés d’un entonnoir géant, les crachoirs (une fois n’est pas coutume) sont efficaces, nombreux. Mieux circonscrits et moins immondes que les classiques auges du type « sideways » ouvertes à tous les vents. Les verres sont très bons, des petits Spiegelau gravés M-bio, changés très souvent et en abondance sur les tables. Un WIFI gratuit permet, dans les périodes de déprime, de consulter ses courriels ou de parler avec sa Maman sur Skype. La partie oenotèque (gratuite pour les vignerons, ce qui n'est pas le cas des salons Mamouths) située un peu à l’écart, reprend chaque vin rangé par numéro de stand. Les bouteilles sont régulièrement changées et munies d’une fiche signalétique. Le restaurant est correct, le repas est inclus dans l’invitation qu’a reçu chaque professionnel.

texte alternatifHautes pressions, pleine lune, tramontane, que sais-je, les vins se goûtent mal. Patrick Meyer nous dit qu’il n’a jamais vu ses vins évoluer avec autant de rapidité alors qu’en général ils font preuve d’une grande stabilité. Un peu déconfit par la phase de dégustation de nos vins, j’aperçois un Monsieur qui me regarde la tête penchée sur le coté. Tu me reconnais ? Une dernière étincelle de lucidité jaillit du brouillard obscurcissant mon cerveau et je reconnais Bertrand le Guern. Je rattrape Laurent Mélotte qui, bille en tête s’apprêtait à attaquer la journée et lui présente l’image réelle du BlG virtuel qu’il connaissait déjà sur LPV. Les deux compères sont partis dans une discussion que seul un Einstein du vin pourrait comprendre et d’où il ressortira que leurs sensations sur les vins dégustés sont très proches.

texte alternatifRassuré, je retourne à ma table où Leia tourne déjà à 200 à l’heure. Ça promet. A quelques tables derrière nous, deux Papis, genre « Buena Vista Social Club » dissertent de la dernière attaque de Phylloxéra du printemps 1929. Pour la quatrième fois un homme au chapeau genre « Ry Cooder » vient de passer devant notre table sans s’arrêter. J’interprète ces signes concordants de manière encourageante pour la suite. Dans les allées de l’Oenotèque, les « Roux & Combalusier » du vin, Bertrand et Laurent, continuent leur dissertation dont j’ai de plus en plus de mal à comprendre les tenants et les aboutissants. Pour plus de précaution nous les prenons en photo. Pour Jean Louis Tribouley, ce salon est un des seuls auquel il participe. Le rapport qualité/prix est selon lui meilleur que les autres et il retrouve ici la majeure partie de ses clients . En apercevant au loin le bonnet de laine d’Eric Laguerre, nous comprenons maintenant l’origine de la température glaciale de ses vins. Lui qui descend tous les matins de sa montagne de Saint Martin de Fenouillet.

Mardi 22

Le « Buena Vista Social Club » s’est maintenant agrandi d’un troisième Papi. D’ailleurs l’homme au chapeau à la « Ry Cooder » a disparu des allées. Je ne sais trop comment interpréter ce signe mais comme la journée d’hier à été très bonne, j’encourage les Papis à persévérer dans l’agrandissement de leur club social. Laurent nous emmène goûter les vins qu’il préfère. Nous retrouvons les dames des domaines Le Briseau, Mosse et du Moulin aux vins émouvants, frais, vivants et bourrés de personnalité. Nous croisons un vigneron de Champagne au bras millimétrique, capable de doser 10ml de vin dans un Spiegelau à plus ou moins un picolitre. Impressionnés nous repartons. J’abandonne Lèia et Laurent pour retourner à l’oenotèque où BlG me fait découvrir les médailles. Tu veux goûter des bombes ? Effectivement, encore atomisé, je retourne retrouver les Papis de mon quartier qui se remémorent maintenant les révoltes Languedociennes de 1907. Marcelin Albert n’est plus très loin et si tout va bien nous aborderons la période des croisades Albigeoises avant la fin du salon. Aujourd’hui les vins se goûtent mieux en général. Après une discussion animée avec une journaliste Anglaise extrêmement sympathique, Je raccompagne Thomas Calder qui retourne à Paris.

Mercredi 23

texte alternatifC’est le départ. Chacun s’affaire pour rassembler ses affaires. Installé pour la première fois à Perpignan, ce jeune salon fait preuve d’une grande maturité à un coût raisonnable sans sacrifier à la qualité et à la modernité de l’organisation pour se concentrer sur la présentation la plus efficace du vin et seulement du vin.

La vérité est dans le verre à Millésime-Bio 2008

texte alternatifCette année le salon Millésime-Bio se déroule à Perpignan du 28 au 30 janvier 2008. Seront présents entre autres: les domaines Cazes, Singla, Laguerre, Chabanon, Ch. de l'Ou, Marcevol, etc... Nous y serons aussi au stand N°1.

Les amateurs de vérité dans le verre seront contents puisque les organisateurs affirment que:

" Chaque exposant dispose exactement du même matériel pour présenter ses vins : une table, deux chaises, une nappe blanche, un crachoir, des verres de dégustation, de la glace... Il s’agit de juger et de comparer les vins, et non pas toutes les techniques d’exposition des vins ! Ici, tous les exposants sont sur un pied d’égalité pour présenter leurs produits. " (et en plus on nous certifie que tout est certifié bio. C'est pas beau ça!)

Pour ceux qui préfèrent déguster tranquillement, sans discuter en se servant eux même, une table comprenant un vin de chaque exposant, classé par numéro, est à disposition pendant la durée du salon.

texte alternatifVous aurez compris que la simplicité et le coût raisonnable de ce salon qui se concentre uniquement sur le vin et sur la manière de le produire me conviennent au moins autant que la rapacité et l'esbroufe de « gros salons » m'incommodent. Il y a peu je recevais encore un mail de l’organisateur d’un de ces « Mammouths » m'informant que nous pouvions déposer des échantillons destinés à être bu en libre service pour la "modique" somme de 30 EUR par bouteille. A millésime-bio se service qui ne coûte rien pour peu qu'on laisse les visiteurs se servir eux mêmes est gratuit.

D’autre part le dimanche 27.01.06 à partir de 13 :00, à l’occasion de notre septième millésime, nous organisons une dégustation au domaine (dans les vignes si le temps le permet) accompagnée d’une collation de produits bio. Le Clot de l’Oum se situe à une demi heure à l’Ouest de Perpignan 3km avant le village de Belesta en venant d’Estagel ou Millas. Si vous êtes intéressés, merci de confirmer votre venue par mail à notre adresse ICI (en précisant votre heure approximative d’arrivée).