Pesticides, je vous aime
2 vers de terre pour 2 hectares. C'est la seule trace visible de vie souterraine que nous avons trouvé sur une lande avant replantation. Cette terre était en friche depuis 10 ans. Traitée au "napalm" industriel pendant 20 ans. Terre morte. Triste béton stérile sur fond de bio uniformité.
Une chose est sure dans le débat entre agricultures productiviste et biologique, c’est que l’agriculture de l’industrie pharmaceutique et agrochimique n’a jamais permis de préserver la vie dans les sols. Il a fallu plusieurs décennies pour en être convaincu, ce qui peut s’expliquer par la complexité du problème mais aussi par l’habileté des industriels pour faire croire aux utilisateurs :
1) qu’une seule voie était possible, la leur.
2) Que toutes les études scientifiques avaient été mise en œuvre tendant vers un seul but, montrer l’innocuité de leurs produits sur à peut près tout
Hors,l’agriculture est une activité complexe et empirique. Si l’apiculteur perçoit que ses abeilles meurent lorsque son voisin utilise un certain insecticide. La moindre des précautions voudraient qu’on le croie et qu’on stoppe l’utilisation de ce produit jusqu'à preuve du contraire. Peu importe si in vitro, en atmosphère stérile, à la lueur des guirlandes de maïs enrobé de produit fluo, les abeilles et les actionnaires organisent une soirée poison et s’éclatent en chantant. L’observation de terrain est au moins une réalité qui ne dépend pas d’intérêts extérieurs au problème et qui réunie tous les paramètres permettant un constat objectif. Pour cette seule raison elle est aussi crédible que toutes les études dont l’industrie est si friande et ne devrait pas être dénigrée.
En fait, les études existent aussi, montrant que lorsqu’on leur donne le choix, des rats ou des chimpanzés choisissent en priorité les fruits ou légumes bio. Les animaux sauvages sont plus friands de cultures biologiques (nous le constatons tous les jours dans nos vignes) et de l’alimentation du bétail élevé de manière biologique. L’incidence des pesticides sur l’accroissement de la stérilité et des cas de cancer par rapport aux aliments qui en sont exempt est aussi largement documentée.
Dans ce contexte, les vignerons producteurs de vins natures ou naturels (cf. le guide de l’amateur de vins naturels, D. Lacout) c'est-à-dire soucieux de la vie micro et macroscopique de leur terroir, d’une limitation voire suppression des apports externes et interventions sur le fruit, du boisé aux levures en passant par le So2, sont à la recherche de vins plus authentiques, dépoussiérés et libérés de la gangue aliénatrice qu’entre autres l’industrie a, couche après couche, déposé sur notre tradition. Ces vignerons sont aussi un exemple non exclusif que des alternatives sont possibles et constituent une réaction presque instinctive à un concept unique qui ne peut être seul représentatif d’un produit aussi intimement lié à la diversité et à la complexité que le vin.